L’INVISIBILITÉ SOCIALE : UNE RESPONSABILITÉ COLLECTIVE RAPPORT 2016

CHAPITRE 3
Étude de trois catégories
d’invisibles

Ce troisième chapitre vise à proposer une analyse de trois publics : les jeunes ruraux et les néoruraux, les travailleurs non salariés pauvres, et les parents des enfants suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le choix d’axer les travaux sur ces trois catégories est motivé par le caractère emblématique de celles-ci de trois mutations sociétales importantes. Une mutation territoriale, d’abord, par l’effet de l’urbanisation des espaces périphériques à la ville et, surtout, d’une partie des territoires ruraux. Une mutation socioprofessionnelle, ensuite, avec la progression du travail non salarié, mais aussi l’incitation croissante des pouvoirs publics à recourir à la multi-activité avec notamment la création récente du statut d’autoentrepreneur. Une mutation qui touche la famille, enfin, avec la progression des familles monoparentales, la montée du thème de la parentalité, ainsi que l’obligation faite aux professionnels de l’ASE de respecter l’autorité des parents des enfants placés.

Il ne s’agit pas ici de proposer une analyse exhaustive, statistique ou qualitative des publics concernés. En abordant la pauvreté sous le prisme de l’invisibilité sociale, il s’agit plutôt de donner à voir le vécu de personnes et de groupes concernés. Afin, d’abord, de mettre à l’épreuve l’hypothèse d’une invisibilité sociale intériorisée par tout ou partie d’entre eux. Mais, aussi et surtout, dans le but de caractériser ce vécu à l’aide des notions et des concepts dégagés dans le premier et le deuxième chapitre. Les difficultés endurées par ces trois publics correspondent-elles à des formes d’invisibilité seulement sociales ou bien sociétales, c’est-à-dire incluant des dimensions liées aux statistiques, aux médias et aux institutions ? Leur invisibilité est-elle subie ou bien choisie ? S’agit-il de stratégies orchestrées par les individus eux-mêmes ou bien d’une forme d’oubli des acteurs institutionnels et associatifs ?

Chaque partie débute par une analyse du contexte visant à mettre en évidence l’existence d’une mutation sociétale. Les phénomènes d’invisibilité se trouvent ensuite abordés sous l’angle des interactions sociales quotidiennes. Enfin, ils sont analysés en tant que phénomènes sociétaux résultant de processus statistiques, médiatiques et institutionnels. Au final, les analyses du vécu de l’invisibilité conduisent à mettre en évidence les perceptions individuelles qui en découlent : la frustration des jeunes ruraux et des néoruraux, la honte des travailleurs non salariés pauvres, et la crainte des parents d’enfants suivis dans le cadre de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Les jeunes ruraux et les néoruraux : la frustration de ne pas être pris en compte au niveau local

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