Concertation nationale sur la réforme de la politique de la ville

Concertation nationale sur la réforme de la politique de la ville
Synthèse des cahiers d’acteurs
« Habitants et ass ociations »
MINISTÈRE
DE L’ÉGALITÉ
DES TERRITOIRES
ET DU LOGEMENT
MINISTÈRE
DÉLÉGUÉ À LA VILLE
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 2
INTRODUCTION
Afin de préparer la mise en oeuvre d’une nouvelle étape de la politique de la ville, une vaste
concertation nationale a été lancée à l’automne 2012 sous la responsabilité de François LAMY,
ministre délégué à la ville. Dans ce cadre, tous les grands partenaires de la politique de la
ville, associations nationales d’élus, services de l’État, têtes de réseau associatives, acteurs
économiques et du logement, ont pu faire part de leurs propositions dans le cadre de temps
d’échanges organisés sous la forme de groupes de travail et de tables rondes thématiques.

Au-delà de la consultation des acteurs institutionnels, il est apparu indispensable au ministre
de recueillir le point de vue de ceux qui vivent la politique de la ville au quotidien. A cette fin,
les élus, les associations de proximité et les habitants des quartiers populaires ont été invités à
transmettre leurs contributions écrites dans le cadre de cahiers d’acteurs.
Construits sous forme de formulaires structurés autour de quelques questions simples et ouvertes,
ces cahiers sont destinés à mieux cerner le quotidien et les préoccupations des acteurs de
la politique de la ville et à enrichir l’action publique par des propositions pragmatiques et en
cohérence avec les réalités territoriales.

Ils ont été largement diffusés par le ministère de la ville
via un dispositif de communication spécifique mis en place sur internet, mais également lors de
grandes réunions nationales, qu’il s’agisse de celles organisées dans le cadre de la concertation
ou d’autres manifestations publiques et par des envois directs à de nombreux élus et acteurs
de la politique de la ville. Les cahiers d’acteurs ont par ailleurs été diffusés au plus près du
terrain par les réseaux des services de l’État, notamment les délégués du préfet, les centres
de ressources de la politique de la ville et les principaux partenaires associatifs. Autour de ces
cahiers, des réunions ont parfois été organisées à l’initiative des acteurs locaux : il s’agissait
pour eux d’organiser de manière pédagogique le remplissage et la remontée des formulaires
au niveau national, mais également de saisir l’opportunité de la démarche pour insuffler de
véritables dynamiques participatives et développer une réflexion locale sur les actions à mener
en matière de politique de la ville.
Ensemble des contributions reçues
Type de contributions Nombre de retours
Élus et professionnels 297
Habitants et associations 370
Acteurs nationaux 29
Total 696
Le présent document retrace la synthèse des cahiers d’acteurs renseignés par les associations
et les habitants (les cahiers « élus et professionnels » font l’objet d’une synthèse propre). Au total,
370 contributeurs ont renseigné les cahiers d’acteurs « habitants et associations ». Il est à noter
que les associations (237 cahiers, soit 64% des contributions) se sont davantage mobilisées que
les habitants (133 cahiers, soit 36% des contributions) et qu’elles ont le plus souvent répondu de
manière plus exhaustive à l’ensemble des questions. La liste des contributeurs figure en annexe
de la présente synthèse. Compte tenu des délais très contraints, le nombre de réponses est
à saluer. Celles-ci fournissent une matière riche et intéressante qui permettra de conforter ou
ajuster certains constats et de progresser dans la définition des mesures que le gouvernement
doit mettre en place pour améliorer la situation des quartiers de la politique de la ville.
Cette synthèse a permis d’alimenter les réflexions et préconisations des différents groupes de
travail organisés dans le cadre de la concertation nationale, ainsi que le rapport final de celle-ci
remis au ministre délégué à la ville en janvier 2013.
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Ces contributions concernent 55 départements, soit près de deux tiers des départements
contenant des quartiers de la politique de la ville. Le niveau de mobilisation des territoires ne
reflète pas l’importance des enjeux sociaux et urbains. Ainsi, l’Île-de-France représente 6,8%
des contributions (25 cahiers d’acteurs renseignés), soit bien moins que le poids des quartiers
de la politique de la ville de cette région. Il est à noter que les associations et habitants de la
région Provence-Alpes-Côte d’Azur se sont particulièrement mobilisés avec 81 cahiers d’acteurs
renvoyés (21,9% du total national). Le département des Alpes-Maritimes totalise à lui seul 42
contributions (8,1% du total).
Répartition des cahiers d’acteurs « habitants et associations » par région
Régions Part
Alsace 4%
Aquitaine 0,8%
Auvergne 1,1%
Basse Normandie 1,6%
Bourgogne 5,4%
Bretagne 3,3%
Centre 13,3%
Champagne Ardennes 2,7%
Franche Comté 2,1%
Haute Normandie 0,3%
Île-de-France 6,8%
Languedoc Roussillon 4,9%
Lorraine 5,7%
Midi-Pyrénées 7%
Nord Pas de Calais 6,5%
PACA 21,9%
Pays de la Loire 2,4%
Poitou-Charentes 3,8%
Rhône Alpes 4,3%
Outre-mer 2,2%
Parmi les contributions d’habitants, les femmes se sont davantage mobilisées que les hommes
(67%, pour 33% d’hommes). On constate par ailleurs que toutes les tranches d’âge sont
représentées parmi les répondants, avec un relatif équilibre entre les catégories.
Répartition des habitants répondants par tranche d’âge
25 %
20 %
15 %
10 %
5 %
0 %
Moins de
20 ans
20 à 30 ans 30 à 40 ans 40 à 50 ans 50 à 60 ans Plus de 60 ans
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S’agissant des associations contributrices, on relève une bonne mobilisation des associations
intervenant en faveur du lien social (27%), de celles oeuvrant dans le domaine de la culture
et de l’expression artistique (17% des contributions), de celles agissant en matière d’éducation
(11%) ou encore d’emploi, d’insertion professionnelle et d’aide à la création d’entreprise (9%).
Domaine d’action %
Culture 17%
Droits des femmes 1%
Éducation 11%
Emploi et développement économique 9%
Lien social 27%
Logement 7%
Lutte contre l’exclusion et les discriminations 4%
Prévention de la délinquance et accès aux droits 3%
Santé 3%
Sports et loisirs 5%
Autre 13%
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PARTIE 1
La vie quotidienne dans votre quartier
1 – Comment trouvez-vous la vie dans votre quartier ?
Les réponses à cette question sont très contrastées, à l’image sans doute de la diversité des
quartiers de la politique de la ville. Certains regrettent un quartier « sans vie », là où d’autres ont
le sentiment de vivre dans un cadre « animé » voire « agité ».
Une partie des répondants déclare apprécier l’animation de leur quartier, évoquant la présence
de commerces de proximité, de transports en commun et d’associations. La convivialité,
l’ouverture d’esprit des habitants, qui facilitent les rencontres, sont souvent mises en avant.
Quelques-uns dénoncent au contraire le manque de lieux de rencontres, de services, de
commerces : la vie apparaît « triste », « monotone » voire « dure ». D’après leurs retours, l’habitat est
dégradé, le chômage sévit et le lien social est souvent rompu.
Les incivilités sont particulièrement déplorées : vitesse excessive des véhicules, bruits, encombrants
déposés dans la rue, agressivité verbale… Le thème de l’insécurité apparaît dans plusieurs
témoignages, lié notamment au trafic de drogue et à ses désagréments : « signes extérieurs de
richesse » des trafiquants, saleté des parties communes occupées par des revendeurs, etc.
Dans les quartiers récemment rénovés, les habitants notent cependant fréquemment une
amélioration sensible de leurs conditions de vie.
« La forte sociabilité des habitants des quartiers dit «en politique de la ville» compense difficilement
la misère et le désespoir d’une bonne partie d’entre eux ».
« Cela fait 43 ans que j’habite mon quartier et je m’y plais bien. »
« Avant, c’était moche, maintenant c’est mieux ».
« Ce qui ressort du témoignage des habitants rencontrés dans le cadre des activités du centre social
est de deux niveaux : pour les personnes habitant le quartier depuis longtemps : un fort sentiment
d’attachement et d’appartenance au quartier. Pour les plus jeunes ou récemment installés, une
aspiration à quitter le quartier. »
« La vie dans les quartiers non rénovés, la vétusté est extrêmement difficile : habitat dégradé,
établissement scolaire sans mixité sociale. Pas de structure de loisirs et de sociabilité. »
« D’une manière générale les efforts de rénovation urbaine entrepris dans les trois quartiers sensibles
(…) ont sans conteste permis de redonner de la sérénité. »
« On peut la qualifier de «satisfaisante», mais un quartier ne fait pas l’autre. Le quartier est assez
bien entretenu mais les commerces «essentiels» disparaissent au profit des axes principaux, plus
éloignés. »
« J’aime mon quartier. J’y vis et j’y travaille. Le quartier est riche, vivant, coloré et intéressant. »
« C’est trop calme (…). Il n’y a rien comme structures ou animations pour les jeunes. »
« En mouvement et évolution perpétuelle…. mais de plus en plus de morosité et de précarité. »
« La vie dans les quartiers (…) est rendue agréable par les acteurs de la vie sociale et les habitants
qui sont très investis. Les habitants sont soudés et réactifs face aux problèmes prégnants du manque
de travail et s’invitent à y croire encore et à ne pas se démobiliser. »
« Le quartier est vivant et animé. Les habitants sont ouverts et il est facile d’y nouer des relations. »
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2 – Quels sont, selon vous, les avantages à habiter dans un quartier
dit « en politique de la ville » ? Pensez-vous que cela présente des
inconvénients ?
Plus encore que dans la question 1, les réponses apparaissent tranchées. Les avantages
exprimés concernent le soutien plus actif des institutions dans les quartiers en politique de la
ville, le maillage associatif généralement important et les subventions qui lui sont attribuées pour
développer son action, la présence de services de proximité gratuits ou à moindre coût pour
les habitants. La mixité sociale et culturelle et une plus grande solidarité entre les habitants sont
également mises en avant dans certaines contributions.
D’autres ont une perception différente et estiment que les quartiers de la politique de la ville sont
« oubliés » des pouvoirs publics et deviennent de fait facteurs d’isolement. Parmi les inconvénients
qui ressortent le plus fréquemment, la stigmatisation des quartiers et de leurs habitants est
farouchement dénoncée. La concentration de problèmes (chômage, précarité, délinquance,
etc.) et la dégradation des conditions d’existence que celle-ci génère sont également souvent
citées.
« Nous sommes dans un territoire aujourd’hui «subi» qui était il y a des décennies «choisi» par les
résidents. »
« Les avantages sont l’esprit cordial des habitants, commerçants, écoles… L’inconvénient est la
sécurité sur les routes pour nos enfants scolarisés ».
« Le public est varié et riche de cette variété. Il y a beaucoup d’enfants. Il y a beaucoup d’espaces
de jeux et de détente. Il y a la réussite éducative dans les écoles primaires et un soutien de qualité
dans les collèges. Il y a de nombreuses structures d’accueil (centre social, régie de quartier, centre
de loisirs pour les enfants, crèches et halte-garderies), des centres de soins, des lieux de distribution
alimentaire, une épicerie sociale… Il y a aussi beaucoup de jeunes désoeuvrés qui vivent la nuit et
gênent le voisinage avec le bruit, la violence, parfois les incendies de voitures ou autres. Il y a un fort
taux de chômage. »
« L’avantage d’un quartier en politique de la ville existe quand le maire accepte de laisser la parole
aux habitants dans leur capacité à agir et qu’il favorise la qualification des habitants. L’inconvénient
pourrait résider dans le fait qu’il soit stigmatisé. »
« Cette solidarité est un véritable atout pour vivre ensemble, mais la stigmatisation (notamment des
médias en premier lieu) dont souffrent les habitants au regard de l’extérieur enferme très facilement
les habitants de ces quartiers. Un sentiment de marginalisation, voire de rejet, devient un véritable
inconvénient à vivre dans ces quartiers. »
« Le fait d’être en zone prioritaire ne vexe pas les habitants. Ce classement permet la revitalisation
et l’émergence de projet… sans tomber dans l’oubli ».
« On ne peut parler d’avantages car un quartier en politique de la ville est déjà stigmatisé par ses
manques. Néanmoins, la volonté d’élaborer un projet commun entre la commune, les associations et
les habitants pour réduire les inégalités est assez séduisante. La réflexion commune ne peut qu’être
bénéfique au plus grand nombre et surtout, adaptée aux besoins locaux. »
3 – Dans votre quartier, les relations entre les habitants et les
institutions (mairie, école, poste, police, autres administrations…)
sont-elles bonnes ? Comment pourrait-on les améliorer ?
Les trois quarts des contributeurs jugent que les relations avec les institutions sont bonnes. Ceux-ci
mettent en avant la présence des services publics au sein des quartiers. L’implication des agents
de l’éducation nationale est également particulièrement appréciée par une partie d’entre eux.
Des critiques affleurent cependant. Il est ainsi reproché aux services de proximité de réduire
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leurs horaires d’ouverture. Par ailleurs, les relations avec l’administration sont parfois perçues
comme complexes : la mauvaise maîtrise de la langue française par certains habitants crée
une barrière, la peur ou le manque de confiance dans les institutions est aussi évoqué. Pour
faire face à ces problèmes, les relais avec les institutions, tels que les acteurs associatifs ou les
médiateurs, sont valorisés.
Plusieurs contributeurs déplorent également la disparition de la police de proximité. De ce
fait, le contact entre les policiers et les habitants se fait plus distant, les agents patrouillent
essentiellement à bord de leurs véhicules, les rencontres à pied se font plus rares, etc. Certains
estiment que les horaires d’ouverture des postes de police et leur accessibilité pour les personnes
handicapées pourraient être améliorés.
Pour pallier ces carences, des propositions sont faites : l’élargissement des horaires d’ouverture
des administrations, la réduction des délais d’attente, l’amélioration de la signalétique, une
meilleure formation des agents d’accueil, etc. Un contributeur suggère que des représentants
des principaux services publics soient conviés aux conseils de quartier pour échanger sur les
améliorations possibles de leurs interventions auprès des habitants.
« La présence d’agents, d’acteurs locaux, face à une population en souffrance est bien souvent le seul
rempart à une marginalisation extrême ».
« Malgré des réunions de quartier, la confiance n’est plus au rendez-vous avec les institutions telles
que la mairie, les administrations. Une parole «en bois» et de l’autre côté une parole non entendue
font que le dialogue est vain. Les préoccupations quotidiennes des habitants très réalistes face aux
préoccupations plus globales voire «complexes» créent un dialogue de sourd ».
« Globalement les relations sont bonnes mais elles ne concernent qu’une minorité d’habitants qui
restent en lien avec les institutions. »
« Les relations entre les habitants et les administrations sont très mauvaises. Le personnel n’est pas
très accueillant, ils ont tendance à nous prendre pour des personnes sans cerveau, pour améliorer
tout ça, j’aimerais qu’on change le personnel et mette des gens issus des quartiers ».
« Les relations me semblent bonnes, néanmoins et en terme d’amélioration, une rencontre ponctuelle
simple entre les responsables des administrations du quartier me paraîtrait une bonne chose pour
créer du lien et une information. »
« Dans l’ensemble, elles sont très bonnes. Le travail de proximité (lien social et parentalité) est
indispensable et crucial. La mission des centres sociaux à ce niveau est essentielle : la participation
des habitants au projet de ce type de structure permet de créer un réel lien social, fortement enraciné
dans la réalité du territoire. »
4 – S’il y a eu une opération de rénovation urbaine dans votre
quartier, qu’est-ce qui a contribué le plus à l’amélioration
des conditions de vie des gens qui y vivent et de ceux qui
y travaillent ? Y-a-t-il des aspects qui ont posé problème ?
Il ressort des cahiers d’acteurs que là où il y a eu des projets de rénovation urbaine, les conditions de
vie se sont clairement améliorées. La qualité du nouveau bâti est citée régulièrement, notamment
la bonne isolation des habitations construites ou réhabilitées. Le cadre de vie apparaît plus
agréable, le quartier plus aéré. Les progrès de la rénovation urbaine sont unanimement salués
par les contributeurs, qu’il s’agisse des habitants ou des associations. Les grands immeubles ont
laissé la place à des bâtiments jugés « à taille humaine », avec peu d’étages. Les couleurs ont fait
leur apparition sur les façades. La voirie (trottoirs adaptés aux familles), les espaces verts, ont fait
l’objet d’attentions remarquées. Les espaces publics sont plus propres, des zones piétonnes ont
été créées, des petits commerçants se sont installés. Au final, l’image du quartier est nettement
revalorisée.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 8
Les témoignages ne sont néanmoins pas exempts de critiques. Celles-ci portent notamment sur
la longueur et la succession des travaux de rénovation urbaine, ceux-ci générant de nombreux
désagréments : bruit, saleté, problèmes de circulation, etc.
Le manque de concertation avec les habitants en amont des opérations est mis en avant
dans plusieurs cahiers d’acteurs. Là où une concertation a été organisée, les habitants se sont
souvent sentis moins à l’aise à l’oral ou insuffisamment informés et outillés, ce qui a pu, parfois,
être un obstacle à leur participation. D’après les témoignages reçus, ces difficultés d’échanges
se traduisent parfois pendant les travaux par des relations dégradées entre les habitants et les
acteurs de la rénovation urbaine, bailleurs, propriétaires et pouvoirs publics.
Dans la vie quotidienne, le manque de places de stationnement ou le prix excessif des parkings
privatifs est dénoncé. D’autre part, malgré la rénovation, l’attractivité des quartiers demeure
parfois insuffisante pour permettre l’installation de commerces de qualité ou de cabinets
médicaux.
Enfin, selon certains, la rénovation urbaine n’a pas été accompagnée d’une action sociale à
la hauteur des enjeux identifiés sur les quartiers. Après les travaux, les problèmes sociaux ne leur
semblent pas avoir été réellement traités.
« La rénovation urbaine, c’est un cadre de vie moins étouffant, plus aéré ».
« La cité s’éclaire ».
« Le plus gros problème, c’est toujours la communication. Des travaux sont faits sans concertation
des habitants, sans connaître leurs attentes, des décisions sont prises parfois sans cohérence pour
des soucis d’aspect architectural au détriment de l’efficacité. On pense nous faire plaisir mais c’est
le contraire qui se passe ».
« Le PRU a créé de nouveaux espoirs et un nouvel esprit sur le quartier (tram, rénovation bâtiments),
comme une femme qui attend un bébé. Les jeunes sont fiers de sortir et entrer dans un logement
propre. D’où la facilité d’accepter les désagréments causés par les chantiers ».
« Après la période «d’inquiétude» qui a suivi l’annonce de cette opération et les désagréments liés
aux gros travaux de déconstruction encore en cours, on commence à recueillir des témoignage
de satisfaction relatifs à la valorisation de l’image du quartier, notamment par rapport à la
diversification (arrivée du centre de radiologie par exemple, construction d’immeubles «modernes»,
«agréables à regarder», construction de petites maisons individuelles…), même s’il y a divergence
d’opinion sur le choix des lieux de construction (trop proches des immeubles existants). »
5 – Comment améliorer les conditions de vie des jeunes
des quartiers ? Quelles sont, selon vous, les priorités à mettre
en oeuvre pour leur donner toutes les chances de réussir ?
Pour la majorité des contributeurs, les priorités à mettre en oeuvre pour garantir la réussite
des jeunes sont l’éducation et la formation professionnelle. Un accompagnement individuel
et spécialisé sur le terrain est souvent préconisé ainsi qu’une meilleure coordination entre les
différents acteurs publics. L’objectif final de ces propositions reste l’accès à l’emploi.
Beaucoup mettent l’accent sur la lutte contre le décrochage scolaire, notamment par un
renforcement de l’accompagnement et du soutien scolaire. La création ou le renforcement des
partenariats entre les différents acteurs travaillant sur la situation d’un même jeune est pointée
comme une condition indispensable à l’amélioration de l’action publique. L’organisation
d’activités hors temps scolaire est proposée pour éviter de laisser les jeunes livrés à eux-mêmes
dans la rue.
Pour aller au contact des jeunes les plus désocialisés, la nécessité de préserver ou développer
l’action des éducateurs de prévention spécialisée est soulignée. Pour plusieurs contributeurs,
l’objectif est d’éviter que ces jeunes qui décrochent du système scolaire, en particulier les
mineurs, ne se réfugient dans l’économie souterraine, notamment le trafic de drogue. Dans l’une
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des contributions, il est proposé de développer des actions de sensibilisation auprès des jeunes
sortant de prison afin que ceux-ci puissent ensuite intervenir auprès des jeunes dans le but
d’inverser l’image souvent positive qui est attachée aux activités illicites dans certains quartiers.
D’une façon plus générale, le développement et la meilleure accessibilité des formations
professionnelles sont souhaités. Le besoin d’information sur l’emploi et les formations est ainsi
exprimé dans de nombreuses contributions. Le rôle crucial de l’orientation scolaire dans les
parcours individuels est également rappelé : celle-ci doit conduire les jeunes vers des filières
proposant des débouchés. Un plus grand rapprochement du milieu scolaire avec le milieu
professionnel est proposé à travers notamment le développement de relations partenariales
avec le monde de l’entreprise. Cela peut se traduire par l’organisation plus fréquente de temps
d’échanges, par exemple sous forme de forums de rencontres avec des employeurs potentiels.
Les difficultés de mobilité sont citées comme frein d’accès à l’emploi. Face à celles-ci, certains
répondants suggèrent le renforcement des aides financières destinées à aider les jeunes à
financer le permis de conduire.
Plusieurs contributions mettent également l’accent sur la socialisation des jeunes comme facteur
d’équilibre et d’intégration. Le besoin de créer des espaces d’écoute et de conseils pour aller
à leur rencontre, des lieux de médiation scolaire et sociale est très présent. Ainsi, un lieu de
rencontre et d’activité avec un encadrement, du type « maison des jeunes », est bien souvent
souhaité dans les quartiers qui n’en disposent pas actuellement.
Pour ne pas laisser les jeunes livrés à eux-mêmes, des activités plus nombreuses sont demandées,
notamment dans le domaine du sport, de la culture et des loisirs. Certains préconisent que l’offre
se tourne davantage vers des activités intergénérationnelles, l’enjeu étant de permettre aux
jeunes de sortir du repli dans lequel ils peuvent s’enfermer.
Il ressort également la nécessité de donner aux jeunes les conditions nécessaires pour qu’ils
s’impliquent dans la vie de leur quartier, en veillant à ce qu’ils s’ouvrent également sur la vie des
autres territoires.
La question de la parentalité n’est pas oubliée dans ces propositions. L’implication des parents
est considérée comme nécessaire. Des répondants proposent une formation des familles afin
de leur permettre de mieux suivre l’éducation de leurs enfants. Certains insistent sur l’impact
négatif que peut avoir la situation d’inactivité des parents auprès de leurs enfants. Selon eux,
favoriser l’emploi des parents contribue à revaloriser l’image du travail auprès des enfants et à
les remobiliser à l’école.
« Une jeunesse courageuse … et en même temps découragée ».
« Ne pas mettre le jeune dans une filière parce qu’il y a de la place. Constat : le jeune n’est pas un
bouche trou ».
« La priorité absolue, c’est L’ECOLE, au sens large du terme (locaux, conditions d’accueil, compétences
du personnel, prise en compte des difficultés de tous ordres, aide à l’orientation, etc.) ».
« La priorité est à porter sur l’éducation, surtout en primaire. A mon avis, c’est là que tout se joue
et que chaque jeune a l’opportunité de saisir sa chance pour évoluer positivement. Cela va de pair
avec un soutien à la parentalité plus important et l’existence d’une offre de loisirs correcte. Ces trois
actions doivent être menées en concertation pour créer un contexte favorable et cohérent, de l’école à
la maison. »
« Aider les jeunes à sortir du quartier au lieu de leur proposer trop sur place (…), leur capacité
d’adaptation se construit à l’extérieur du quartier, leur projet de vie aussi. Ils sont plus mobiles qu’on
ne le pense ».
« Présence d’adultes (bénévoles ou pas) pour encadrer, soutenir, proposer des projets de tutorat envers
les jeunes. L’implication des générations antérieures de ces jeunes semble souhaitable… »
« Le quartier ne bénéficie plus, depuis l’année dernière, d’aucune structure de jeux (le city park a été
démonté en pleine nuit car plus au normes. Inutile de parler de la surprise des enfants partant pour
l’école, qui y avaient joué au basket la veille au soir !) »
« Il faudrait développer des mesures d’aide à l’insertion (chantier d’insertion par exemple). Les
emplois d’avenir devraient permettre d’améliorer leur chance. »
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 10
6 – Est-il facile de trouver du travail dans votre quartier ?
Quelles difficultés rencontre-t-on lors d’une recherche d’emploi ?
A la quasi-unanimité, les contributeurs répondent qu’il est difficile de trouver du travail dans les
quartiers « politique de la ville ». A cette difficulté, ils identifient plusieurs causes.
L’absence d’employeurs au sein des quartiers ou à proximité, et par conséquent d’offres d’emploi,
est largement évoquée. Aux yeux des répondants, les zones franches urbaines semblent avoir
créé peu d’emplois. Et lorsqu’il y a eu des créations, ces emplois leur apparaissent le plus souvent
inadaptés aux compétences de la population. Beaucoup rappellent que l’emploi présent au
sein des quartiers est créé notamment à travers les chantiers d’insertion, malgré le manque de
moyens des structures qui portent ces projets.
La faible qualification d’une partie importante de la population, notamment des jeunes,
constitue un autre obstacle pour l’accès à l’emploi. Par ailleurs, il est souvent évoqué la situation
des populations immigrées arrivées plus ou moins récemment en France, maîtrisant mal la
langue française et se révélant parfois peu autonomes. Une fraction des habitants des quartiers
font ainsi face à des problèmes d’illettrisme, ce qui handicape fortement leurs perspectives
d’insertion professionnelle.
De nombreux habitants rencontrent également des problèmes de mobilité, ce qui les pénalise
dans leur recherche d’emploi. Les transports en commun ne sont pas assez développés et leurs
horaires sont souvent jugés inadaptés. Le coût élevé du permis de conduire est par ailleurs
régulièrement cité comme un frein à la mobilité.
Autre difficulté rencontrée, le problème de la garde d’enfant, notamment pour les mères
célibataires.
La discrimination liée à l’origine géographique figure également parmi les facteurs qui, selon les
répondants, expliquent leurs difficultés pour trouver un travail. Ils avancent ainsi que les préjugés
envers les habitants des quartiers « politique de la ville » sont nombreux et encore difficiles à lever.
Ces difficultés aboutissent au découragement de certains individus qui finissent par cesser leur
recherche d’emploi. Ceci est d’autant plus marqué pour les individus souffrant d’un contexte
familial difficile ou d’isolement.
« Non, il n’est pas facile de trouver du travail sur le quartier car les offres sont rares. Mais quand
elles existent (commerces, équipements, etc.), elles sont facilement accessibles aux habitants des
quartiers. »
« Pas d’emploi pour les jeunes et adultes sans qualification, qui ont la plupart du temps besoin d’un
accompagnement pour avoir une posture adaptée ».
« Trouver du travail dans le quartier est plus compliqué dans la cité que dans les autres parties du
quartier. Difficultés rencontrées : déjà le lieu d’habitation, puis peut-être le problème de la langue
pour certains, l’écrit et surtout le manque de formation initiale et professionnelle ».
« Trouver du travail lorsqu’on est issu d’un quartier quel qu’il soit relève de l’exploit ».
« Il n’y a pas de travail dans nos quartiers ».
« Des jeunes issus de l’immigration semblent ne pas pouvoir trouver d’emploi malgré un bagage
important (bac + 4 à 5).Cela est dû, en partie, à la stigmatisation du quartier mais surtout à
l’absence de réseau relationnel, raison qui frappe l’ensemble des jeunes à la recherche du premier
emploi. »
« Sur la ZUS il n’y a aucune agence Intérim, aucun lieu de facilitation à l’accès à l’emploi (permanence
Pôle emploi, mission locale…). »
« Non. Les habitants se heurtent à la barrière de la langue et/ou le fait qu’ils sont éloignés de
l’emploi, d’une activité depuis longtemps. De plus, le manque de formation ou de qualification est
aussi un frein dans la recherche d’un emploi. A cela s’ajoute, la mobilité des habitants. La recherche
est souvent cantonnée à la ville, faute de moyens de transport. »
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 11
7 – Pensez-vous que les habitants de ces quartiers sont davantage
victimes de discrimination qu’ailleurs ? Si oui, lesquelles ?
Comment faire pour lutter contre ces discriminations ?
Trois contributeurs sur quatre pensent que les habitants des quartiers « politique de la ville » sont
davantage victimes de discrimination qu’ailleurs.
Les discriminations sont surtout ressenties dans le cadre de la recherche d’un emploi, puis dans celle
d’un logement. Elles sont liées au lieu d’habitation des habitants, ceux-ci subissant la « mauvaise
réputation » de leur quartier, mais aussi à leur origine ethnique, à leur religion, à leur patronyme.
Pour lutter contre les discriminations, notamment en matière d’emploi, il est proposé un
rapprochement avec le monde économique. Il s’agit notamment de créer un réseau avec le
monde de l’entreprise et de faire preuve de pédagogie auprès des recruteurs pour changer
leur regard sur les habitants de ces quartiers. Des formations à la diversité pour les entrepreneurs
sont suggérées. Des actions visant à valoriser les compétences des jeunes et des adultes des
quartiers auprès des entreprises pourraient être initiées ou renforcées.
Par ailleurs, le développement des relations entre les quartiers et leurs territoires environnants
permettrait de réduire la stigmatisation dont ils souffrent et donc les phénomènes de
discrimination. Créer des rencontres sportives et culturelles inter-quartiers, favoriser les brassages
et les échanges en implantant des structures d’envergure au sein des quartiers (théâtres,
universités, etc.), telles sont quelques-uns unes des propositions avancées.
Les contributeurs déplorent aussi l’image négative de leur quartier renvoyée par les médias,
malgré parfois une évolution positive de celui-ci suite à une opération de rénovation urbaine.
Montrer l’implication des habitants, valoriser les actions mises en place dans leur quartier,
permettrait de changer l’image de ces territoires auprès de l’ensemble de la population.
« Il faut que le reste de la société vienne dans les quartiers : théâtre, musée, faculté, pour faire que la
ville continue au sein des ces territoires ».
« Un quartier appelé par le passé «cité» sera toujours victime de discriminations ! L’enjeu pour lutter
contre ce passé discriminatoire est de travailler sur l’implication du citoyen sur son lieu de vie. Un
quartier uni par des règles citoyennes porte un nouveau nom et il est forcément moins caricaturé
comme «cité» ! »
« Nous constatons beaucoup de discriminations au niveau du travail. Trouver du travail pour les
personnes d’origine maghrébine est plus facile lorsqu’il s’agit de métiers du bâtiment que lorsqu’il
s’agit de métiers dans le tertiaire ou dans la vente, encore moins pour les métiers à haut niveau de
qualification où le simple nom de famille constitue le premier obstacle »
« L’adresse rattachée à un quartier pose problème aux employeurs qui se font une idée sans connaître
les personnes ».
« Oui, autant sur le travail que sur l’accès aux soins et à la sécurité. Exemple de médecins refusant
de se déplacer, pompiers et police »
« Oui, la couleur de peau, le nom, l’aspect général, l’apparence. Solution ? Apprendre la confiance en
soi et l’affirmation de qui nous sommes + mettre de côté la peur d’être jugé. »
8 – L’égalité hommes-femmes est-elle un sujet essentiel dans votre
quartier ? Si oui, pourquoi ? Comment faire pour agir en sa faveur ?
L’égalité hommes-femmes est un sujet essentiel pour plus de la moitié des contributeurs.
Cependant, ce sujet touche davantage les associations (deux tiers d’entre elles le considèrent
essentiel) que les habitants (deux sur cinq seulement estiment ce sujet essentiel).
De nombreuses inégalités entre les sexes sont évoquées. Selon plusieurs contributeurs, les
différences de culture et l’influence de certaines religions contribuent au déséquilibre des
rapports entre les hommes et les femmes au détriment de ces dernières.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 12
Les inégalités sociales sont les plus mises en avant par les contributeurs. Les femmes apparaissent
plus touchées par la crise économique. Elles se voient imposer plus souvent que les hommes des
contrats précaires.
Les inégalités entre les hommes et les femmes se ressentent également au sein de la famille.
Les difficultés rencontrées par les femmes pour faire garder leur enfant créent un obstacle
supplémentaire pour trouver un emploi, en particulier pour les mères célibataires.
Il est également rapporté que certaines femmes immigrées maîtrisent mal la langue française
ce qui rend plus difficile leur accès à l’emploi. L’apprentissage de la langue est compliqué par
l’isolement dont souffre une partie d’entre elles. Alors que leurs époux travaillent et que leurs
enfants vont à l’école, ce qui facilite la maîtrise du français, certaines d’entre elles demeurent
au sein de leur foyer avec peu de contacts avec l’extérieur.
Des inégalités sont aussi pointées dans l’accès à la vie sociale. L’espace public et les lieux de
socialisation comme les cafés sont occupés majoritairement par les hommes. Une oppression
latente sur les adolescentes et les femmes s’exprime dans certains quartiers. Des femmes se
sentent en insécurité dans leur quartier ce qui limite leurs déplacements.
Des contributeurs notent aussi une dégradation des rapports entre les garçons et les filles à
l’école, d’autres une banalisation des violences faites aux femmes dans l’espace public, ou bien
des expressions misogynes chez certains garçons.
Pour faire face à ces problèmes, les associations proposent d’abord de développer la mixité
dans les actions qu’elles proposent. En effet, si les hommes sont bien représentés dans les activités
sportives, les femmes le sont encore insuffisamment, malgré de nets progrès en la matière. A
l’inverse, les hommes sont peu impliqués dans les activités autour des enfants. Cela traduit la
persistance de certaines représentations.
Des actions de sensibilisation, de prévention, d’éducation autour du thème de l’égalité hommes/
femmes et de la laïcité sont préconisées, dès le plus jeune âge. Au collège, ces actions auraient
pour objectif de changer les représentations hommes/femmes chez les plus jeunes. Les adultes
en formation professionnelle pourraient également être sensibilisés à ce thème.
Plusieurs types d’actions sont recommandés pour sortir les femmes de leur isolement, les rendre
plus autonomes, favoriser leur insertion professionnelle : cours de français, organisations de
rencontres comme des repas de quartier, aides pour obtenir le permis de conduire, activités
culturelles, chantiers d’insertion pour se former à un métier. Des lieux d’expression permettront
aussi d’ouvrir la parole sur certains problèmes rencontrés (par exemple, violences conjugales ou
intrafamiliales)
Le développement des modes de garde d’enfants faciliterait la vie des femmes au quotidien
et leur permettrait de concilier emploi et vie privée, notamment pour les femmes célibataires.
Des associations ont développé une véritable expertise sur ce thème. Cela s’est traduit par
l’élaboration d’un diagnostic sur la condition des femmes dans leur quartier ou la rédaction
d’une charte pour l’égalité hommes/femmes, matérialisée, sur certains territoires, par le
développement de nouvelles activités pour les femmes, dans le domaine sportif par exemple.
« Oui l’égalité hommes femmes est un sujet essentiel dans notre quartier, c’est un sujet qui s’inscrit
dans le temps et qui aujourd’hui avance à grand pas. Pour agir en sa faveur, il faut proposer des
actions mixtes, et continuer à pousser les femmes à sortir de chez elles pour s’occuper d’elles ».
« Les filles ne peuvent pas sortir toutes seules la nuit, alors qu’elles aimeraient bien. »
« Alors là c’est compliqué ! Certains hommes traitent les femmes comme un objet. Elle est reléguée
à certaines tâches et point. D’ailleurs, il est impossible d’en discuter ouvertement. Ce sujet fâche ! »
« Je suis personnellement parfois étonnée de certaines attitudes des femmes vis à vis de leur époux
mais c’est une question de culture. Les femmes ne s’en plaignent pas. Ce qui est plus ennuyeux, c’est
l’attitude des pères avec leurs filles leur interdisant d’aller faire des études en internat, même quand
elles sont majeures. Une jeune pouvait accéder au métier de ses rêves et passer un CAP petite enfance
mais elle devait partir. Son père a refusé et elle a accepté sa décision. Maintenant elle fait des stages
dans la vente. »
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 13
« Nous touchons essentiellement des femmes dans notre activité, beaucoup plus investies dans leur
quotidien et dans la vie du quartier. Nous essayons de favoriser la participation des hommes mais
cela reste compliqué. »
« Elle est un sujet important car, par exemple, une femme ne peut participer aux rencontres avec les
associations qu’avec l’accord du mari »
« Oui, dans la mesure où le communautarisme religieux s’implante fortement dans ces territoires et
il est basé sur l’inégalité entre l’homme et la femme ».
« Oui, car les femmes sont toujours rabaissées. Le salaire est diffèrent. Les femmes sont moins
considérées alors qu’elles travaillent, s’occupent des enfants, des papiers… Pour agir : reconnaître le
travail des femmes, valoriser les femmes »
9 – Vous sentez-vous en sécurité dans votre quartier ?
Si non, pourquoi ?
Le plus souvent, les contributeurs se sentent en sécurité au sein de leur quartier (c’est le cas de
trois répondants sur quatre), qu’ils y vivent, comme les habitants, ou qu’ils y travaillent, comme
les salariés du monde associatif.
Un sentiment d’insécurité est cependant parfois présent. Il concerne plutôt les personnes
âgées et les femmes, notamment la nuit. Leurs déplacements sont alors limités, la faiblesse de
l’éclairage public est plusieurs fois dénoncée. La vitesse excessive des voitures et les rodéos de
motos et de quads provoquent aussi chez certains habitants un sentiment de peur. Le trafic de
stupéfiants, à l’origine de nombreuses allers et venues d’individus extérieurs au quartier, peut
inquiéter des habitants.
Les griefs portent aussi sur les incivilités constatées. Certains cahiers d’acteurs font état de
groupes de jeunes désoeuvrés traînant au pied des immeubles tard le soir et provoquant des
nuisances sonores, certains occupant les halls ou l’intérieur des immeubles. Ces occupations
s’accompagnent parfois d’une consommation excessive d’alcool ou de stupéfiants, ce qui peut
dégénérer en agressions verbales ou intimidations.
« Oui, à l’exception des incivilités liées au non respect du code de la route ! ».
« Oui plutôt en sécurité seulement quelques fois, ça nous arrive d’avoir peur surtout l’hiver car il n’y
a plus personne à partir de 19h (…) Aucun problème dans la journée, on se sent bien. »
« Les familles parlent moins souvent de sentiment d’insécurité que les femmes seules ou les personnes
âgées qui en parlent régulièrement : inquiétude face aux rassemblements de jeunes devant les
immeubles ».
« Oui. L’architecture des lieux et le nouveau plan de rénovation permettent d’améliorer le sentiment
de sécurité. »
« Dans la journée, avec les enfants et l’ambiance du quartier il n’y a aucun problème. En revanche, la
nuit c’est beaucoup plus angoissant. Les commerces ferment très tard et l’alcool coule à flot. »
« Nous ne disons pas ici que le quartier ici est sécurisé (au vu du nombre de gens vivant dans ce
quartier, des incivilités et agressions sont présentes), mais simplement que l’image négative véhiculée
ne reflète pas la réalité ».
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 14
PARTIE 2
Les services au public
10 Pensez-vous qu’il y a suffisamment de services dans votre
quartier ?
Les réponses à cette question sont mitigées (un peu plus de la moitié de satisfaits).
Des manques se font sentir. Dans la catégorie des services publics, la police n’apparaît pas
assez présente. Ainsi, des commissariats ou des postes de police sont demandés par plusieurs
contributeurs. La Poste fait également défaut dans plusieurs quartiers, ainsi que les services de
l’emploi (Pôle Emploi, missions locales). Une permanence ou un centre de la caisse d’allocation
familiale (CAF) ou de la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) sont aussi demandés.
Pour le secteur privé, plusieurs contributeurs se plaignent de ne pas disposer de banques près de
chez eux. Les services médicaux et les commerces de détail de type « supérette » ou « discount »
manquent parfois.
Certains mettent l’accent sur le défaut d’activités culturelles et de loisirs, notamment le soir. Ils
souhaiteraient que leur quartier ou son environnement immédiat soit pourvu d’un théâtre, d’une
salle de spectacle ou d’un cinéma.
Au-delà de cette énumération de services à développer, des contributeurs proposent de
réaliser un diagnostic pour mesurer l’existant et identifier les carences dans leur quartier. D’autres
regrettent que les services ne soient pas suffisamment regroupés. Les avantages de structures du
type « maisons de services publics » ou « points information médiation multi-services » (PIMMS) ont
été salués par quelques contributeurs.
« La seule administration est le bureau de poste. Un poste de police avait été installé, mais suite
à l’arrêt de la police de proximité, il a été supprimé. On espère un retour de la police au coeur du
quartier. Une maison de santé serait également la bienvenue. Les personnes vieillissent, ont du mal
à se déplacer. Les cabinets médicaux sont peu nombreux (…) et en étages. Il faut aller dans un autre
quartier pour se faire soigner ».
« Le quartier est particulièrement bien doté en services publics : mairie annexe, poste, Pôle emploi,
MDR. La caisse de sécurité sociale et la CPAM s’étaient installées sur le quartier : leur départ réalisé
ou annoncé est une régression ! ».
« Le mot « service » recouvre bien des choses. Le fait qu’il y en ait ne signifie malheureusement
pas nécessairement qu’ils assurent totalement ce qu’ils annoncent (…). Nous n’avons pas besoin du
nombre : nous avons besoin de la qualité dans la présence ».
« L’absence de services publics est compensée par la présence d’associations qui jouent un rôle de
médiation indispensable dans les quartiers. »
11 – Y a-t-il suffisamment de commerces dans votre quartier ?
Que manque-t-il d’essentiel ? Comment pourrait-on mieux agir
pour améliorer la situation sur ce point ?
Pour cette question là-encore, les contributeurs sont partagés. Environ un sur deux considère
que l’offre en commerces au sein de leur quartier est satisfaisante. Lorsque ceux-ci manquent,
la proximité du centre-ville ou de grandes surfaces permet parfois de faire face aux besoins du
quotidien.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 15
Une partie des contributeurs pointe des lacunes, soit que les commerces n’aient jamais existé,
soit qu’ils aient disparu sans avoir été remplacés.
Les petits commerces de proximité sont le plus demandés : boulangerie, bureau de tabac,
épicerie, presse, pharmacie… Outre le service qu’ils rendent aux consommateurs, ils créent au
quotidien de l’animation dans le quartier. Viennent ensuite les commerces qui favorisent les liens
entre les habitants. Ils sont considérés comme des lieux de convivialité : cafés, bars, restaurants….
Des habitants et acteurs du milieu associatif proposent pour pallier ces carences de favoriser
et d’accompagner l’installation de petits commerces. Des locaux vides seraient proposés à la
location à des tarifs préférentiels. Une prime d’installation pourrait être attribuée aux nouveaux
commerçants. Par la suite, ceux-ci bénéficieraient d’une aide pour se former ou gérer leur
exploitation. Les habitants des quartiers pourraient être incités à ouvrir eux-mêmes leur petit
commerce.
Pour quelques contributeurs, des projets pourraient voir le jour sous la forme d’associations :
épicerie solidaire, café ou restaurant associatif.
« Une place «commerçante» a été installée il y a quelques années donnant un peu de dynamisme au
coeur du quartier ».
« Oui. Il reste à améliorer l’accès pour les personnes qui sont en difficultés de déplacements (personnes
âgées par exemple) par le biais d’un réseau de solidarité.
« Non. On constate que le peu de commerce qui existe fait faillite au bout de quelques mois (la
pauvreté des habitants y est pour beaucoup). Il manque un lieu de rencontre ouvert à tous de type
café associatif. »
« Ce qu’il faut, c’est une sorte de halle où pourrait se retrouver petits commerces, cafés, espaces
culturels et marché autour de la place avec agrandissement des parkings ».
« A moins de faire son pain soi-même, on a vite oublié de manger un bout de pain frais le matin… ».
« Peu de commerces répondant aux besoins de la population concernée (petits revenus). »
12 – Que devrait-on améliorer en priorité dans votre quartier
concernant :
1. La lutte contre le chômage
Pôle Emploi est la première ressource identifiée pour lutter contre le chômage. Son implantation
physique est souvent jugée insuffisante. Le suivi individuel des demandeurs d’emploi devrait être
amélioré.
Par ailleurs, plusieurs habitants souhaitent un rapprochement avec les entreprises, à travers la
réalisation de stages ou de rencontres avec des professionnels.
« Une plus grande présence du service public de l’emploi à travers des permanences ou des accueils
sur les quartiers, au plus près des demandeurs d’emploi ».
« Quand le PIMMS recrute, très peu d’habitants des ZUS postulent. Comment les informer ? »
« Ce service existe sur la ville, mais les publics ont pris conscience du manque d’offre d’emploi
localement ; ils ont tendance à ne plus y croire ; leur redonner confiance en eux pourrait passer par
des chantiers de redynamisation et d’insertion ».
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 16
2. Le développement de l’activité économique
De nombreuses associations plaident pour l’insertion par l’activité économique, à travers la
création d’entreprises, d’ateliers ou de chantiers d’insertion. Ces actions permettent de créer
des emplois pour les habitants les moins qualifiés. Pour aller plus loin, certains préconisent que les
clauses d’insertion dans les marchés publics soient développées afin d’aider les structures déjà
existantes comme les régies de quartier.
Des habitants souhaitent la création de commerces dans leur quartier, ce qui permettrait
d’embaucher localement des habitants.
« On aimerait avoir une entreprise d’insertion surtout pour les femmes qui n’ont pas d’endroit pour se
rencontrer, parler et faire des choses ensemble ; on aimerait quelque chose autour de la santé, de la
diététique, de la cuisine et avoir une salle de gymnastique avec des tapis pour courir, des vélos etc..
car beaucoup sont obèses, ne font pas de sport, ne marchent pas. De plus, cela créerait de l’emploi.
C’est ça c’est notre plus grand voeu ».
« Les expériences conduites jusque là n’ont pas eu beaucoup d’impact. Il faudrait créer des activités
permettant l’embauche de personnes peu qualifiées : une recyclerie par exemple ? Une régie de
quartier existe depuis de nombreuses années et permet des embauches intéressantes, ses activités
sont semble-t-il à reconsidérer pour s’adapter aux offres possibles ».
« Sans développement de l’activité économique, les formations, les stages sont utiles mais ne
permettront pas de trouver un travail »
3. L’entretien des immeubles et l’amélioration de votre cadre de vie
L’entretien des parties communes et des abords des immeubles est souvent critiqué. Le manque
de propreté des trottoirs, l’amoncellement des déchets autour des bennes à ordures, les espaces
verts endommagés sont déplorés.
L’isolement thermique des appartements permettrait de réduire la facture énergétique.
« Il faut régler le problème des encombrants qui souillent notre quartier, avoir des équipes qui
veillent à enlever rapidement les dégradations, et veiller à la propreté et au calme dans les parties
communes des immeubles ».
« Créer des emplois de « gardiens d’immeuble » INDISPENSABLE (petites réparations, lien social,
tranquillité des seniors, médiateurs…) ».
« L’entretien des immeubles, doit être réalisé le jour au jour, pour ne pas voir l’amplitude les
dégradations, intérieur & extérieur espaces verts, poubelles, lampadaires etc. L’entretien des
appartements devraient être réalisé avec des chantiers de jeunes professionnels du bâtiment cela
donnerait une première expérience dans ce domaine et voir ensuite l’évolution vers une formation. »
« Il y a un réel danger au niveau de la sécurité à la sortie des écoles : manque de feux rouges,
passages piétons, ou peut-être mettre en place autour de l’école une zone piétonne réservée pour la
sécurité de nos enfants à la sortie de l’école, le passage de véhicules est trop important. Concernant
les transports en commun, il faudrait revoir le trajet des bus et les horaires ».
4. L’éducation
L’accent est mis sur les besoins d’aide à la parentalité. Informer, former, responsabiliser les parents,
leur proposer un lieu d’écoute et de partage pour faire part de leurs difficultés face à l’échec
scolaire de leurs enfants sont des pistes pour les contributeurs.
Pour être plus disponibles auprès de leurs enfants, plusieurs parents demandent le développement
des modes de garde, comme les crèches ou les haltes-garderies.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 17
« Malgré les nombreux moyens de garde et d’éveil existant pour les enfants il manque de nombreuses
places. De plus, les modes de garde doivent se diversifier pour répondre aux besoins professionnels
des gens qui ont des horaires décalés, de nuit ou autre. Cela permettrait également de répondre au
grand nombre de familles monoparentales qui sont en grande difficulté dans leur recherche d’emploi
parce que forcées de faire un choix entre rester auprès de leurs enfants et partir vers l’insertion. Elles
sont trop souvent obligées d’aller vers le recrutement d’une assistante maternelle qui coûte cher pour
ces familles et reste compliqué administrativement. Devenir employeur constitue de plus une peur
particulière ».
« Des écoles qui forment à des métiers et de la morale à l’école ».
« Il faudrait d’avantage mobiliser les parents afin que ces derniers viennent aux réunions parentsprofesseurs,
et ainsi voient les progrès de leurs enfants à l’école. Qu’ils soient derrière l’éducation de
leurs enfants. Peut être mettre en place un système d’aide à l’éducation (aides aux devoirs pour les
enfants) et une aide pour que les parents arrivent à suivre l’évolution scolaire ».
5. La santé
Le manque de professionnels de santé dans les quartiers est souligné par de nombreux
contributeurs. Les spécialistes, comme les dentistes par exemple, font beaucoup défaut. La
création de centres ou de maisons de santé, est la solution généralement privilégiée par les
contributeurs.
« Les médecins sont saturés et n’acceptent plus de nouveaux patients. La création d’une maison de
santé pourrait être une réponse pour une population vieillissante ».
« Création d’un dispensaire qui prendrait en charge la santé des habitants en difficultés (ticket
modérateur et prise en charge de la mutuelle). »
« Une maison de santé permettrait peut-être aux habitants de se rencontrer, aux bénéficiaires de la
CMU de moins utiliser les urgences de l’hôpital, d’ouvrir des perspectives aux jeunes sur les métiers
de la santé, et à chacun de ne pas surcharger les médecins pour les petits bobos ».
« Veiller à ce que médecins, kinés, cabinets infirmiers soient accessibles ou dans
6. La sécurité et la prévention de la délinquance
Le manque de policiers et de médiateurs au contact direct de la population, dans la rue, est
ressenti. L’éclairage public apparaît plusieurs fois comme défaillant, ce qui renforce le sentiment
d’insécurité.
« Le sentiment d’insécurité est surtout ressenti par les personnes les plus âgées et par les jeunes
femmes qui se voient interpellées dans la rue. Ce ressenti est directement lié à de nombreuses et
fréquentes incivilités ainsi qu’à des trafics de stupéfiants plus qu’à une réelle violence ».
« Mettre des éducateurs dans les rues pour parler aux jeunes, les inciter à se responsabiliser. Leur
dire ce que l’on a le droit de faire ou non ; beaucoup ne le savent pas ».
« La présence d’une police de proximité serait un bon moyen de sécuriser les lieux et de prévenir les
comportements délictueux. »
« Les habitants du quartier se sentent «abandonnés» par les forces de l’ordre. »
« Il reste des jeunes qui par ennui squattent en bas des immeubles. Le mien est souvent visité mais
sincèrement ils restent cordiaux ».
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 18
7. Le soutien aux associations
La fragilité des associations retient l’attention des contributeurs. Le manque de subventions, de
financements pérennes, de moyens humains et de locaux mis à leur disposition constituent le
principal problème.
« Il faut des subventions pluriannuelles avec des conventions d’objectifs pluripartites ».
« La vie associative est riche sur ce territoire. Le soutien en termes de logistique, de méthodologie
de projets, de mutualisation et de coopérations, d’analyses de pratiques, de valorisation des temps
de bénévolat est à développer. L’objectif est de susciter l’engagement bénévole et citoyen auprès de
la population et d’en faire un tremplin vers l’emploi, les instances politiques et institutionnelles,
l’organisation de collectif d’habitants sur une thématique… ».
« Les bénévoles s’épuisent parfois, il faudrait qu’elles puissent embaucher du personnel et donc pour
cela avoir plus de subventions. Il pourrait y avoir des pôles mutualisés de gestion administrative
ou comptable. Et surtout favoriser l’embauche de personnes diplômées ou formées et non pas de
personnes fragilisées ».
« Nous pensons qu’il est urgent de créer de nouvelles modalités de financements pour les actions
porteuses d’intérêt général afin de sécuriser les associations dans la durée ».
8. L’accès aux services publics
Les services publics ne sont pas suffisamment présents dans les quartiers pour de nombreux
contributeurs. Il manque des antennes, des permanences des caisses d’allocations familiales,
des caisses primaires d’assurance maladie, des mairies annexes, etc. Quand ces services sont
présents, leurs horaires d’ouverture ne permettent pas toujours aux habitants d’y avoir accès
facilement.
Les procédures dématérialisées (par internet ou téléphone) se révèlent difficiles à exploiter pour
certains usagers peu à l’aise avec les nouvelles technologies de l’information ou avec la langue
française.
« Des permanences des services publics dans le quartier faciliteraient la vie des habitants non
véhiculés. En effet, le temps entre le moment où les enfants sont déposés à l’école et le moment de
leur reprise est finalement très cours et le trajet à pieds assez long. De même pour les personnes
handicapées, les personnes âgées… ».
« La qualité et les permanences d’accueil sont souvent considérées insuffisantes et ne répondant pas
complètement aux problèmes posés par les habitants ».
« Les habitants sont parfois en difficulté face au développement des nouvelles procédures
progressivement dématérialisées et face à la fermeture de certains lieux d’accueil. Ces nouvelles
pratiques nécessitent un accompagnement et un apprentissage de l’utilisation de l’outil informatique
pour une partie des habitants ».
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 19
PARTIE 3
La participation des associations
et des habitants
13 – Comment pourrait-on améliorer la participation des habitants
et des jeunes aux élections nationales et locales ?
D’après les remontées, l’éducation à la citoyenneté apparaît comme une première réponse.
Celle-ci pourrait commencer à l’école dès le plus jeune âge. A cette fin, des rencontres avec les
élus et le préfet seraient organisées au sein des collèges pour faire connaître le fonctionnement
des institutions. Dans un cahier d’acteurs, il est proposé que des jeunes fassent du « porte à porte »
avec des candidats lors d’une campagne électorale pour mieux comprendre le processus
démocratique.
Plusieurs contributeurs plaident également pour un resserrement des liens entre les élus et les
habitants des quartiers. Le besoin d’écoute des habitants est régulièrement mis en avant. Les
élus doivent aller à la rencontre des habitants et les écouter tout au long de l’année, c’est-à-dire
même en dehors des périodes de campagnes électorales. Cela pourrait prendre la forme de
rencontres sur le terrain pour mieux faire connaître les élus et demander aux habitants leur avis
sur les principaux sujets. Ces derniers attendent que leur point de vue soit pris en compte.
Les discours des hommes politiques pourraient également être plus simples pour être accessibles
à tous.
Enfin, pour améliorer la participation des habitants des quartiers aux élections, l’image de la
politique et des hommes politiques devrait être revalorisée. En effet, ceux-ci font l’objet d’une
défiance importante de la part de la population. Il s’agirait par exemple de s’appuyer sur
la réalisation d’un projet dans le quartier pour expliquer le processus démocratique qui l’a
précédé. Beaucoup souhaitent que les élus rendent compte de leur action plus régulièrement
et directement sur le terrain.
« D’abord en faisant en sorte que les élus viennent les voir régulièrement et leur montre ce qu’est leur
rôle, pourquoi il est important de connaître ce qu’ils font au quotidien ».
« Peut-être que la sensibilisation doit passer par les habitants eux-mêmes, les adultes qui pourraient
aller voter avec les jeunes ».
« Organiser des actions de sensibilisation, des animations dans l’espace public et à l’intérieur des lieux
publics. S’appuyer sur la réalisation d’un projet dans le quartier pour expliquer, immédiatement, et
pas 4 ou 6 ans plus tard, le processus démocratique qui y a conduit. »
« Dans les programmes de formation de base et compétences clés, notre association inclut cet axe
«formation citoyenneté» y compris en simulant bureau de vote car les personnes illettrées ont peur de
ne pas savoir se comporter dans cette situation ».
14 – Par quels moyens votre ville ou votre quartier facilite-t-il la
participation des habitants et des associations aux projets de la
ville (comités de quartier, réunions publiques…) ?
Les villes mettent en placent plusieurs types de dispositifs ou d’actions pour faire participer les
habitants et les associations. Les cahiers d’acteurs permettent de rendre compte de la variété
des initiatives mises en place, même si celles-ci n’apportent pas toujours pleine satisfaction.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 20

Certains dispositifs permettent de créer un lien direct avec les habitants. Il s’agit par exemple
des comités ou conseils de quartier, des réunions publiques. Des ateliers de travail portant sur
la rénovation du quartier ont été organisés dans certains cas. A cette occasion, le contact
humain et la proximité ont été appréciés par les participants. Ce contact est favorisé lors des
permanences de maires-adjoints aux quartiers, organisées par certaines mairies.
Pour impliquer un public plus vaste, des manifestations présentent les projets de rénovation
urbaine développés dans les villes.
Plus rarement, des conseils municipaux des enfants ont été mis en place, ce qui permet
d’expliquer les projets communaux aux plus jeunes et d’initier un esprit citoyen dès le plus jeune
âge.
Les villes échangent aussi avec les habitants par le biais des outils traditionnels de communication
que sont les publications municipales, les courriers et le site internet de la ville.
Enfin, les associations constituent bien souvent un lieu d’information pour les habitants.
« Nous avons des conseils de quartier et chaque conseiller de quartier s’engage à partager, à informer
les habitants de son immeuble, de sa rue… Nous avons également un budget qui permet d’améliorer
certaines choses de la vie pratique de son quartier ».
« Nous n’étions pas au courant de l’existence des comités de quartier ou des réunions publiques. Si
l’information paraît dans le journal local ou dans celui de la ville (…) ou si on ne trouve les papiers
qu’au centre social, il n’y a pas de risque qu’on soit au courant…Si des brochures étaient déposées
dans nos boîtes à lettres, on l’aurait su ! »
« En l’état actuel des choses, la démocratie locale, telle que mise en place, ne fonctionne pas. Les grands
absents sur nos quartiers sont les associations de locataires, peu présentes, peu représentatives, ce
qui est dommage ».
« L’empilement des programmes et des interventions administratives et politiques ont, de fait, peu
pris en compte les usages, les aspirations ou la diversité des habitants »
« Je trouve qu’il n’y a pas assez de lien entre la ville et les habitants/associations car la ville fait
POUR eux mais pas AVEC eux et du coup bien souvent ne répond pas aux besoins, attentes, et
demandes des associations et des habitants ».

15 – Pensez-vous que l’avis des associations est suffisamment
sollicité sur la mise en oeuvre des projets concernant les quartiers ?
Et l’avis des habitants ? Comment pourrait-on améliorer les choses
sur ce sujet ?
De nombreux contributeurs déplorent le manque de concertation au sein de leur quartier. Les
habitants et les associations des quartiers apparaissent plus « informés » des projets de la ville une
fois que ceux-ci sont en cours de réalisation que véritablement « associés » à leur élaboration.
Malgré la diversité des modes de contact développés, la participation des habitants et des
associations reste un exercice délicat. Il apparaît parfois difficile d’intéresser les habitants à des
projets qui les concernent pourtant directement.
Les dispositifs de concertation tels que les comités de quartier et les réunions publiques sont
diversement appréciés par les habitants et les associations. Dans certains cas, ces dispositifs
fonctionnent bien, dans d’autres des critiques émergent : ils ne seraient pas assez nombreux,
les participants ne se sentent pas écoutés, le collège devant représenter les habitants est
monopolisé par un « noyau dur » de participants qui ne sont pas nécessairement représentatifs,
etc.
Pour améliorer la prise en compte de l’avis des habitants et des associations, l’accent est mis
sur l’organisation d’échanges de proximité. Plusieurs contributeurs invitent les acteurs publics à
aller à la rencontre des habitants pour recueillir leur avis, soit chez eux, soit dans des lieux neutres
comme les commerces du quartier par exemple.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 21
Le développement de relais entre les pouvoirs publics et les habitants favoriserait ces échanges,
notamment pour ceux qui rencontrent des difficultés à formuler et exprimer leurs opinions. A cet
égard, le rôle des associations est essentiel.
« C’est très difficile et il faut une démarche longue. Les habitants qui ont des difficultés ont aussi
des difficultés à donner leur avis, et ne le font qu’avec des personnes en qui ils ont confiance, d’où
l’importance des professionnels et des bénévoles associatifs ».
« Il faudrait consulter les habitants en passant chez eux, d’une part pour se rendre compte des
conditions de vie et d’autre part parce qu’ils ne se déplaceraient pas pour exprimer leurs besoins ».
« Le vote aux élections municipales semble être le seul moyen d’expression sur les projets communaux.
Or, on sait qu’aujourd’hui les communes sont contraintes par leur engagement dans les EPCI. Les
nouvelles configurations territoriales placent bien loin les choix et participation des habitants et des
associations ».
16 – Si vous êtes une association, quelles difficultés rencontrezvous
dans la gestion quotidienne de votre structure et comment
pourrait-on améliorer chacune de ces difficultés
– Du point de vue financier :
De nombreuses associations dénoncent la baisse des financements accordés par les pouvoirs
publics. Cela les conduit parfois à réduire leur champ d’action. A cela s’ajoute souvent
l’incertitude qui pèse chaque année sur le renouvellement de leurs subventions. Celles-ci sont
versées tardivement dans l’année, ce qui oblige les associations à financer leurs activités avec
leurs fonds propres.
Pour dépasser ces problèmes, il est proposé de davantage développer les conventions
pluriannuelles d’objectifs pour les petites associations. Cela garantirait une certaine pérennité
des subventions publiques.
– Concernant le fonctionnement (personnel, bénévolat…) :
Trouver des bénévoles pour faire vivre les associations s’avère parfois difficile. Il en va de même
lorsqu’il s’agit de recruter de nouveaux administrateurs pour remplacer ceux qui partent après
plusieurs années d’activité. La formation du personnel, des administrateurs et des bénévoles est
un autre enjeu important. En effet, les attentes du public et les exigences des financeurs sont
fortes, ce qui contraint les acteurs du monde associatif à une professionnalisation accrue.
La gestion des fins des contrats aidés, lorsque ceux-ci ne peuvent être pérennisés par l’association,
représente une difficulté supplémentaire.
– Dans le domaine du portage de projets :
Certains contributeurs notent le manque de postes de coordinateur pour porter des projets avec
d’autres associations. La réactivité des partenaires publics est parfois jugée insuffisante.
– Au niveau du montage de dossiers pour l’octroi de subventions :
Les associations sont quasi-unanimes pour critiquer la lourdeur et la complexité des dossiers de
demandes de subventions. La charge administrative pour monter ces dossiers est trop importante,
pour des subventions parfois minimes. Répondre à des appels à projets européens nécessite
encore plus de temps et de compétences tant ceux-ci s’inscrivent dans des procédures lourdes
et complexes.
La principale proposition consiste à créer un dossier unique de subventions à destination de
tous les financeurs potentiels. Ce dossier pourrait être pluriannuel. Son traitement par voie
électronique simplifierait la démarche.
Certaines associations proposent de mutualiser un poste avec d’autres associations pour monter
les dossiers de demandes de subventions.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 22
– En matière d’accompagnement par la puissance publique :
Les retours d’expériences sont partagés dans ce domaine. Certains contributeurs se sentent
bien accompagnés, notamment par les délégués du préfet, les directions départementales
de la cohésion sociale (DDCS) et les équipes municipales. D’autres trouvent difficilement des
interlocuteurs, notamment dans les quartiers où n’existent pas de chef de projet « politique de
la ville ».
Les contacts de proximité sont particulièrement valorisés. Les rencontres de terrain avec les
différents partenaires publics pourraient être développés.
« Le plus «épuisant» est la non-visibilité à moyen terme, et la nécessité de réfléchir souvent «à
l’envers», à savoir se questionner sur les moyens financiers disponibles avant de monter des projets
qui semblent nécessaires ».
« On nous incite à créer des projets, c’est regrettable. Chaque association est née d’un projet ; il peut
être légèrement modifié mais ne doit pas l’être sans fondement ».
« Pour les salariés, la problématique des emplois aidés est forte, il faudrait un accompagnement plus
fort de l’Etat avant que ces emplois aidés arrivent à échéance. Les associations se sentent seules pour
gérer ses emplois quand le soutien de l’Etat touche à sa fin ».
« Il est très pénible pour les associations de travailler sur des appels à projets ».
« La puissance publique a des contacts que nous n’avons pas tous. Un facilitateur entre les associations
et les divers services administratifs serait d’une grande aide. »
« Une association vit essentiellement grâce au bénévolat. Le bénévole est devenu une denrée très
rare. Les jeunes ne veulent plus s’impliquer sans rien en retour. Se pose, alors, le problème de la
valorisation du bénévolat ».
« Nous constatons que de plus en plus, en ce qui concerne notre structure, nous sommes face à «une
consommation de loisirs» : les personnes s’inscrivent dans différents ateliers, mais ne souhaitent pas
‘investir dans la vie de la structure en tant que bénévole. »
« Il serait pertinent que la puissance publique puisse proposer une forme de «dossier unique» d’accès
aux financeurs, afin de simplifier le travail des petites structures associatives ».
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 23
POUR CONC LURE
17 – Finalement, d’après-vous, quelles sont les 3 mesures
(ou évolutions) qui amélioreraient le plus la qualité de vie
dans votre quartier ?
Un grand nombre des mesures proposées concernent l’emploi, signe de la préoccupation
accordée à ce sujet. Parmi celles-ci, les mesures suivantes ont, par exemple, été évoquées :
passer des accords avec des entreprises pour favoriser l’insertion des jeunes, que ce soit dans le
cadre de stages ou d’un premier emploi, mettre l’accent sur la création d’activité afin de générer
de l’emploi, personnaliser davantage l’accompagnement vers l’emploi, renforcer la lutte contre
les discriminations à l’embauche, développer les formations accélérées, mieux coupler les
politiques de l’emploi avec la lutte contre le décrochage scolaire, agir plus efficacement sur les
freins à l’emploi (problématiques de mobilité et de garde d’enfants notamment), etc.
Nombreux sont ceux qui mettent l’accent sur la nécessité, pour les pouvoirs publics, de soutenir
ou initier des actions pour dynamiser la vie du quartier et favoriser l’implication des habitants,
en particulier des jeunes : création de structures du type « maisons de quartier », mise en place
d’espaces et de temps de rencontres et d’échanges, soutien des associations et simplification des
procédures les concernant, développement d’activités interculturelles et transgénérationnelles,
meilleure prise en compte de la jeunesse, plus forte prise en compte de la parole des habitants,
mise en place d’évènements fédérateurs (repas de quartier, festivals, etc.).
Dans le domaine de l’éducation, la nécessité de soutenir la parentalité revient fréquemment,
de même que le renforcement du lien entre l’enseignement secondaire et l’enseignement
supérieur.
En matière de sécurité et de lutte contre les incivilités, beaucoup réclament une meilleure
coordination des acteurs et insistent sur le rôle des bailleurs sociaux dans ce domaine : recrutement
de gardiens d’immeuble supplémentaires, entretien plus réactif des parties communes. Certains
réclament davantage de policiers voire de caméras de vidéoprotection, mais cette position
n’est pas partagée par tous.
Quelques mesures sont proposées concernant la santé, notamment pour renforcer l’offre
médicale (création de structures du type « maisons de santé »). Certains alertent sur l’état de
santé des populations âgées, l’attention étant souvent focalisée sur les plus jeunes.
18 – Quels sont les 3 domaines (répondre par priorité 1, 2, 3)
qui vous semblent prioritaires pour votre quartier ?
Sur l’ensemble des cahiers d’acteurs « habitants et associations », les trois domaines à privilégier
sont, par ordre de priorité : l’emploi, l’éducation et la sécurité.
Si l’on ne considère que les cahiers renseignés par les habitants, on retrouve ces trois priorités
classées dans le même ordre. Le développement économique du quartier et les questions de
mobilité et de transports arrivent respectivement en quatrième et cinquième positions.
En revanche, si l’on prend en compte les cahiers renseignés par les associations, l’ordre de
priorité est différent. L’éducation apparaît comme la première priorité, suivie de l’emploi, de la
participation des habitants, la sécurité ne venant qu’en quatrième position.
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 24
19 – Exprimez-vous librement !
« La richesse de la vie associative est fondamentale, surtout dans les quartiers «politique de la
ville». Mais elle ne peut à elle seule pallier toutes les carences… Même convaincus du bien fondé et
de l’utilité des actions que nous mettons en oeuvre, il nous semble parfois qu’elles relèveraient plutôt
de la puissance publique »
« Ce questionnaire est une bonne entrée en matière pour un état des lieux des quartiers. J’aurais aimé
avoir plus de temps pour le diffuser plus largement car nous avons besoin de données. En lisant les
réponses de l’habitante qui fréquente l’association depuis de nombreuses années, j’ai appris que ses
conditions de vie dans son immeuble ne sont pas bonnes alors qu’il se situe juste à côté. C’est dire
quelles surprises je pourrais avoir en lisant 30 questionnaires au lieu d’un seul ! Je pense également
que plutôt que partir du critère «quartier», il serait préférable de partir du critère «habitant». En
effet, des habitants du quartier de La Planquette ne sont pas éligibles aux aides de la politique de la
ville, alors que d’autres de quartiers non répertoriés seraient éligibles. Il est dommage de sectoriser,
de créer des tiroirs dans lesquels classer les gens plutôt que de considérer les gens, les familles… »
« Les difficultés économiques et la modernisation des administrations aggravent la situation des
habitants qui n’arrivent plus à s’insérer dans la société et à faire valoir leurs droits ».
« Sur un quartier nouvellement construit, 3 types de logement sont sortis de terre. Sur un côté, 3
maisons cossues, murs en briques, terrain de 1500 m². Face à ces trois logements, plusieurs parcelles
de 400 m² en accession à la propriété, murs crépis blancs, derrière tout ça, des logements en location,
soit individuel en rez-de-jardin, soit en collectif r+3 façade bois et peinture grise, comme pour
rappeler un certain statut ou un ciel de ch’nooooooord. N’aurait-on pas pu éviter cette différence
d’architecture et cette peinture grise démoralisante ? ».
« Tout le travail de proximité auprès des jeunes amorcé depuis 3 ans par notre structure doit être
pérenne sur les années venir. Actuellement la mise en relation des jeunes sur les clauses d’insertion
et bientôt les emplois d’avenir est un enjeu important pour les jeunes ZUS et pour notre structure. »
« Nous espérons toujours que le quartier s’améliore, mais là nous arrivons à un point de non retour.
Les associations se battent pour faire vivre ce quartier qui a sur le plan humain des ressources
exceptionnelles mais que faire devant tant de pauvreté. 120 familles inscrites pour la distribution
alimentaire assurée par la société St Vincent De Paul, des familles qui au basket font 4 chèques pour
payer 55 € ! Sans compter celles qui n’arrivent pas à payer. Nous avons le sentiment d’être oubliés, les
réunions des élus sont ficelées d’avance et laissent peu de place aux initiatives et décisions locales.
Passer en catégorie 1 aiderait le quartier (…). C’est urgent ».
« Un challenge est de (re)donner une identité à ces quartiers dénommés parfois de «pauvres» face
à une ville d’histoire, un coeur de ville plus riche, plus «bourgeois», sur un territoire plus vaste, un
habitat dispersif constitué principalement de pavillons. »
« Pensez-vous vraiment que nous, habitants, nous avons réellement le pouvoir de changer les choses
? Peut être que l’union fait la force ? »
« Je suis enchantée qu’on nous demande notre avis et attends le retour de cette enquête. Je pense
qu’il faut être attentif à ce que la politique de la ville en territorialisant à l’excès ne contribue pas à
de nouvelles inégalités. Certaines villes, ayant fait le choix de ne pas créer des ghettos ont éparpillé
leurs logements sociaux. Aussi, des actions en faveur de ces habitants sont nécessaires et doivent être
financées malgré une visibilité moindre ».
« Depuis 30 ans, nous participons à toutes sortes d’enquêtes, de sondages, de témoignages, de
«concertations», etc. sur la situation et le devenir des quartiers populaires. Alors vous comprendrez
aisément notre scepticisme débordant et notre absence d’illusions. Pour autant, nous y participons
parce que nous sommes militants engagés et surtout pour vous faire part de notre grande inquiétude
sur le devenir de ces territoires. Notre longue pratique de terrain et notre lucidité nous amènent
aujourd’hui à vous alerter, car OUI, il y a urgence !!!… Nous allons dans le mur et malheureusement
les premières victimes seront une fois encore les jeunes. C’est aussi parce que nous refusons d’être
complices de broyer des générations entières que nous avons encore pris le temps de répondre à votre
questionnaire. Nous restons disponibles et prêts à agir ! »
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 25
« Je trouve que votre démarche d’enquête est vraiment bien mais le problème c’est que votre
questionnaire est vraiment compliqué et long, ce qui ne le rend pas disponible à tous (…) Le but de
votre enquête est d’avoir les avis des habitants et à mon sens le meilleur moyen est d’aller directement
à la rencontre des habitants. Je vous conseille une démarche “participative active” ! ».
« Un quartier n’est pas seulement un ensemble de rue, de maisons collées, d’HLM et de gens
transparents ou de jeunes délinquants mais aussi et surtout un ensemble de gens ordinaires qui
y vivent avec leurs diverses origines, leurs joies, leurs peines et aussi leurs larmes et leurs rires.
Chacun d’eux est porteur d’espoir. Changez le regard pour leur donner la volonté de s’en sortir. »
« C’est difficile mais nous y arriverons! »
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 26
Annexe
Liste des contributeurs
Cette synthèse repose sur l’exploitation des cahiers d’acteurs et contributions listées ci-dessous :
Contributions des habitants des communes suivantes (classement par département):
• Alpes Maritimes : Carros (quartier les Écarts), Cagnes sur mer (quartier de la gare), Cannes
(quartier République, Colline des puits, Prado), Grasse (quartier Grand centre, Centre ville,
Porte Neuve, Gambetta, Centre ancien, Vieille ville, St Jacques, Jeu de ballon), Nice (quartier
Ariane)
• Aude : Carcassonne (quartier La Conte, Ozanam), Narbonne (quartier Razimbaud Platanes)
• Bas-Rhin : Strasbourg (quartier Koeningsoffen)
• Bouches du Rhône : Marseille (quartier nord)
• Calvados : Bayeux (quartier St Jean), Ifs (quartier Le Bourg)
• Charente : Angoulême
• Cher : Bourges (quartier Gibjoncs, Chancellerie, Val d’Auron, Moulon)
• Côtes d’Armor : Guingamp (quartier Castel Pic, Roudourou)
• Doubs : Besançon (quartier Clairs soleils)
• Eure : Vernon (quartier Les Boutardes)
• Eure et Loir : Lucé (quartier Béguines), Mainvilliers (quartier Jean Jaurès, avenue de Bretagne),
Dreux
• Guadeloupe : Pointe à Pitre
• Haute Garonne : Toulouse (quartier Faourette, La Reynerie, Bellefontaine)
• Haute Saône : Vesoul (quartier Montmarin, Grand Grésil)
• Haut-Rhin : Mulhouse (quartier Wolf-Wagner)
• Hauts de Seine : Villeneuve la Garenne
• Ille et Vilaine : Fougères (quartier Cotterets 1 et 2)
• La Réunion : La Possession, Le Port, St Paul, St Leu, Trois Bassins
• Loire Atlantique : Nantes
• Loiret : Blois (quartier Coty)
• Marne : Reims (quartier Croix du sud)
• Moselle : Metz (quartier Borny)
• Nièvre : Nevers (quartier Banlay)
• Nord : Lambersart (quartier Canteleu, des Conquérants, La Cessoie, Bourg) Lille (quartier
Moulins), Wattignies (quartier Centre, Blanc Riez)
• Pas de Calais : St Nicolas les Arras (quartier Les nouvelles résidences)
• Pyrénées Atlantique : Billère
• Rhône : Lyon (La Duchère)
• Saône et Loire : Macon (quartier Saugeraies, Sud, Marbe, Blanchette, La Chanaye), Chalon sur
Saône (quartier Claudel Bernanos)
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 27
• Seine et Marne : Ozouer le repos
• Seine St Denis : Aubervilliers (quartier Maladrerie)
• Tarn : Albi, Graulhet (quartier En Gach)
• Val de Marne : Villiers sur Marne (quartier Les hautes Noues)
• Var : La Garde, Toulon (quartier Centre ancien, St Jean du Var, La Rode Aguillon)
• Vosges : Epinal (quartier Bitola, Justice)
Contributions des associations et structures suivantes (classement par département) :
• Alpes Maritimes : Media lien (Cannes), Ren per forço (Carros), APPESE (Nice), ISI (Vence), Reflets
(Cagnes sur Mer), Accueil femmes solidarité (Nice), Dialogues pasteur (Nice), Mosaicités
(Nice), Dialogues (Nice), Elles des Moulins (Nice), SUDEN (Valbonne)
• Aude : ABP 21 (Narbonne), L’Arche (Narbonne), L’étang d’arts (Narbonne)
• Bas-Rhin : ADERSCIS (Schiltigheim), Cresus Alsace (Strasbourg), TROCS SAVOIRS (Strasbourg),
Art puissance Art (Strasbourg), Contact et promotion (Strasbourg), Inter’face (Strasbourg)
• Bouches du Rhône : Centre social St Barthélémy (Marseille), Association Logement et cadre
de vie (Marseille), CLCV Picon-Busserine (Marseille), CSF St Barthélémy III (Marseille), CSF
Flamants-Iris (Marseille), CSF Busserine (Marseille), Centre social l’AGORA (Marseille), Schebba
(Marseille), Comité Mam’Ega (Marseille), Passerelle (Marseille), Association quartiers Nord/
quartiers Forts (Marseille)
• Calvados : Bien naître et grandir (Hérouville St Clair), Ecole des parents et des éducateurs
(Caen), Collectif associatif CUCS (Agglomération de Caen la Mer)
• Charente : AIDES (Angoulême), ACAIQ (Angoulême), Résonnances (Angoulême), AS Pro S
(Soyaux), TERA (Angoulême), ASVAD 16 (Angoulême), Ludamuse (Angoulême)
• Charente Maritime : collectif des associations (La Rochelle), PARIE (La Rochelle)
• Cher : Maison de l’Oasis (Vierzon)
• Côtes d’Armor : Itinérance (St Brieuc), Régie de quartier (St Brieuc)
• Doubs : Antenne petite enfance de Franche Comté (Besançon), Conseil consultatif d’habitants
du quartier (Besançon)
• Essonne : Nouvelles voies, Soutien écoute prison (Viry Chatillon)
• Eure et Loir : AINEE (Dreux), Chrisalide (Chartres), APROFEO (Dreux), JADES (Dreux), Point Refuge
(Chartres)
• Gard : Ecole des parents et des éducateurs (Nîmes), Telquel Théâtre (Nîmes), Feu vert (Nîmes),
Graine de lire (Alès)
• Guadeloupe : association guadeloupéenne d’insertion par le sport (Basse Terre), Mots croisés
(Basse terre)
• Haute Garonne : Mille et une couleurs (Toulouse), Collectif des locataires du Tintoret (Toulouse),
Desbals service (Toulouse), Médiation prévention relais (Toulouse), UCJG (Toulouse), AFRICA 31
(Toulouse), Atelier du scribe (Toulouse), Générations solidaires (Toulouse), Trajectoire vers
l’emploi (Toulouse), DELL’ARTE (Toulouse), GRETA (Toulouse), L’école et nous (Toulouse), Toulouse
aviron sports et loisirs (Toulouse)
• Haute Loire : Union départementale CLCV (Le Puy en Velay), Vivre ensemble à Guitard (Le Puy
en Velay), Graines de musique (Le Puy en Velay), Régie de quartier (Le Puy en Velay)
• Haute Saône : Karaté club Béthoncourt (Béthoncourt), Centre social et culturel Cap Gray
(Gray)
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 28
• Haut-Rhin : AFL de Mulhouse (Mulhouse), Planning familial 68 (Mulhouse), Vie Libre (Mulhouse),
Les ateliers de la piste Achille Zavatta (Mulhouse)
• Hauts de Seine : ALIZEP (Ivry sur Seine), Solidarité formation médiation (Clichy), Nahda
(Nanterre), Académie clichoise de taekwondo (Clichy), collectif d’associations (Villeneuve la
Garenne)
• Hérault : Lâche les mots (Montpellier), Collectif éducation populaire et transformation sociale
(CEPTS) (Montpellier), La Placette (Lunel)
• Ille et Vilaine : AMIDS (St Malo), Cliscouet conleau kerkado (Vannes)
• Indre et Loire : APEQ (St Pierre des Corps), Centre social de la Rabière (Joué les Tours), ESCEM
France business school (Tours), Régie de quartier (Joué les Tours), APSER (Joué les Tours),
Collectif cycliste 37 (Tours), Résoudre (Joué les Tours), Au Tours de la famille (Tours), Centre
social Vallée Violette (Joué les Tours), Maison des jeunes et de la culture (Joué les Tours)
• Isère : Observatoire des discriminations et des territoires interculturels (ODTI) (Grenoble)
• Loire : ANEF Loire (St Etienne), Le Babet (St Etienne), Collectif soleil solidaire (St Etienne), Centre
socio-culturel Arlequin (St Etienne), Maison Cret du Roch (St Etienne), Comité du quartier
du soleil (St Etienne), Maison de quartier du soleil (St Etienne), Nouveau Théâtre Beaulieu (St
Etienne)
• Loire Atlantique : l’Ouvre boîte 44 (St Herblain), Police jeunesse loisirs (Nantes), Histoires d’ondes
(St Herblain), SNALIS (St Nazaire)
• Loiret : Conseil de quartier Nord (Blois), Quartiers proximité (Blois), SIMAD (Blois)
• Lot et Garonne : Troupe Michel Populaire (Agen)
• Marne : Dispositif de réussite éducative (Reims), La Fileuse (Reims), collège Joliot Curie (Reims),
Maison de la nutrition (Reims), Femmes relais 51 (Reims), Maison de l’enfance (Reims), mission
locale (Reims)
• Meurthe et Moselle : AZAE FRANCAS (Nancy), Caraib Nancy (Nancy), association du parc
Lavemy (Nancy), le Buisson ardent (Nancy), Association jeunes et cités (Laxou), Réponse
(Vandoeuvre les Nancy)
• Morbihan : PIMMS Lorient (Lorient), Place des rencontres (Lanester)
• Moselle : Centre culturel d’Anatolie (Metz), La Passerelle (Metz), Woippy entraide (Woippy),
centre social et culturel Le Lierre (Thionville), Siliséniors (Guénange), Cultures du coeur Lorraine
(Metz), Tous branchés.com (Metz), association des pupilles de l’enseignement public (Metz)
• Nièvre : Centre social et culturel (Cosne Cours sur Loire), Interstice (Nevers)
• Nord : A3D (Douchy les Mines), ISI (Aulnoy les Valenciennes), Conseil des Quartiers Nord
(Roubaix), Association Logement et cadre de vie (Roubaix), Amicale Latine CNL (Roubaix),
Roubaix Alzheimer (Roubaix)
• Orne : Centre social et culturel de Courteille (Alençon)
• Pas de Calais : ADSI (St Laurent Blangy), AGFPH (St Nicolas les Arras), La vie active (Beaurains),
ASL canoë kayak (St Laurent Blangy), CIDFF (Arras), La vie active (Arras), ACCS (Arras), la vie
active (St Nicolas les Arras)
• Pyrénées Atlantiques : GAM Pau (Pau)
• Pyrénées Orientales : associations du CUCS (Perpignan)
• Rhône : CréAvenir, Trait d’union Duchère (Lyon), centre social Duchère Plateau (Lyon), collectif
d’habitants GTI (Lyon), Vivre au château (Lyon)
• Saône et Loire : association chalonnaise aide et intervention à domicile (Chalon sur Saône),
CLLAJ (Macon), ASTI (Chalon sur Saône), Club alpin Macon (Macon), IREPS (Macon), Atelier
de danse d’Autun (Autun), MJC Heritan (Macon)
Synthèse des cahiers d’acteurs « H abitants et ass ociations » • 10 janvier 2013 29
• Sarthe : L’arbre (Le Mans), Les Flamboyantes (Le Mans), centre social (Allonnes), CLCV Le Mans
(Le Mans)
• Savoie : Confédération syndicale des familles (Chambéry)
• Seine et Marne : Orientation développement emploi (Melun)
• Seine St Denis : ADQ (Noisy le Grand), Confédération syndicale des familles (Aulnay sous Bois),
CGMB (Clichy sous Bois), Union sportive de Montfermeil (Montfermeil), Collectif d’habitants
(Clichy sous Bois), Musique pour tous (Neuilly sur Marne)
• Tarn : AGORA régie de territoire (Graulhet), Riverains du Cérou (Carmaux)
• Tarn et Garonne : AFTRAM (Montauban), Le Pari (Montauban), AMISS (Montauban), Si t’es jeu
(Montauban), AVEC (Montauban), association des quartiers marché et gare (Montauban)
• Val de Marne : Compagnie de l’embuscade (Champigny), Point accueil solidarité (Cachan),
Kjokoya international (Ivry sur Seine), mission locale Ivry Vitry (Ivry sur Seine)
• Val d’Oise : C pro G (Goussainvilles), La maison pour tous Val d’Argent (Argenteuil)
• Var : ADL SAGEM (La Garde), association sportive et culturelle (Toulon), les centres sociaux
(Toulon), Cultures et communication (Toulon), La compagnie des embruns (La Seyne sur Mer),
LOGIVAR ST LOUIS (Toulon), UDV (Toulon), ALINEA (Toulon), AXIS (Toulon), Des enfants un quartier
la vie (Toulon), Ressources (la Garde), Vivre ensemble en Provence (Brignoles), Le Rocher oasis
des cités (Toulon), Candice (Toulon), Cesame (Toulon), CIL (Toulon)
• Vaucluse : Art et vie de la rue (Carpentras), Football club Carpentras (Carpentras), Les étoiles
du sud (Avignon), mission locale du Comtat Venaissin (Carpentras), RILE (Carpentras), Le gout
de lire (Apt), Logis des jeunes du Comtat Venaissin (Carpentras),Odyssée loisirs (St Pantaléon),
SAGACITE (Avignon), Couleurs espoir (Le Pontet), Les ateliers nomades (St Pantaléon), La
maison des parents et de la famille (L’Isle sur Sorgue), Présence verte services (Carpentras),
Sport loisirs culture (Avignon), Eveil Artistique des jeunes publics (Avignon)
• Vienne : Centre socio-culturel de la Blaiserie (Poitiers), Tennis club châtelleraudais (Châtellerault),
Le Toit du monde (Poitiers),
• Vosges : Association des habitants Bitola Champbeauvert (Epinal), La ligue de l’enseignement
(Epinal), régie de quartier (Epinal)
• Yvelines : ACVL (Chanteloup les Vignes)

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