Les habitants des quartiers de la politique de la villeLa pauvreté côtoie d’autres fragilités

Les habitants des quartiers de la politique de la villeLa pauvreté côtoie d’autres fragilités

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Les habitants des quartiers de la politique de la villeLa pauvreté côtoie d’autres fragilités
Auriane Renaud, François Sémécurbe, division Études territoriales, Psar Analyse urbaine, Insee
En France métropolitaine, 4,8 millions de personnes vivent dans les 1 300 quartiers de la politique de la ville. La population de ces quartiers, de par leur définition même, est fréquemment touchée par la pauvreté.

Les habitants sont plus jeunes qu’en moyenne dans la population urbaine. Il s’agit également plus souvent de familles nombreuses ou monoparentales ou d’étrangers. Au-delà de la pauvreté monétaire, la population des quartiers de la politique de la ville présente des fragilités dans plusieurs domaines. Notamment, elle s’insère difficilement sur le marché du travail et manque de formation et de qualification. Dans les quartiers de la politique de la ville, le logement social est très présent : 8 logements sociaux pour 10 ménages, soit trois fois plus que dans l’urbain englobant ces quartiers.
Insee Première
No 1593
Paru le : 03/05/2016

Les habitants des quartiers de la politique de la ville
La pauvreté côtoie d’autres fragilités
En France métropolitaine, 4,8 millions de personnes vivent dans les 1 300 quartiers
de la politique de la ville. La population de ces quartiers, de par leur définition même,
est fréquemment touchée par la pauvreté. Les habitants sont plus jeunes qu’en
moyenne dans la population urbaine. Il s’agit également plus souvent de familles nombreuses
ou monoparentales ou d’étrangers. Au-delà de la pauvreté monétaire, la population
des quartiers de la politique de la ville présente des fragilités dans plusieurs domaines.
Notamment, elle s’insère difficilement sur le marché du travail et manque de formation
et de qualification. Dans les quartiers de la politique de la ville, le logement social est très
présent : 8 logements sociaux pour 10 ménages, soit trois fois plus que dans l’urbain
englobant ces quartiers.
Auriane Renaud, François Sémécurbe, division Études territoriales, Psar Analyse urbaine, Insee

Depuis 2015, une nouvelle géographie
d’intervention prioritaire de la politique de
la ville (encadré) est en vigueur, recentrée
sur les zones considérées comme les plus
en difficulté (encadré). En France métropolitaine,
1 296 quartiers de la politique de
la ville ont ainsi été définis, en tenant
compte principalement de la faiblesse des
revenus de leurs habitants. Ils rassemblent
4,8 millions d’habitants, dont 58%dans les
régions Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais-
Picardie, et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Par construction, ces quartiers concentrent
une part importante de la pauvreté
monétaire (définitions) des zones urbaines.
Ainsi, en France métropolitaine, 42 % de
leurs habitants ont un niveau de vie
(définitions) inférieur au seuil de pauvreté
(figure1 et figure2), soit 2millions de personnes.
Le taux de pauvreté dans ces quartiers
s’échelonne de 37% en Île-de-France à
plus de 47% en Provence-Alpes-Côte d’Azur
et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
En comparaison, dans les unités urbaines
englobant ces quartiers, le taux de pauvreté
(définitions) est de 16% en moyenne ; il
est de 12% autour de ces quartiers, soit
30 points de moins qu’en leur sein. Les

Mai 2016
N° 1593

de 25 à moins de 40
de 40 à moins de 45
de 45 à moins de 50
50 ou plus

Taux de pauvreté en %

©
IGN,
Insee
2016

Nombre d’habitants

510 000
1 500 000

1
Nombre d’habitants dans les quartiers de la politique de la ville et taux de pauvreté*
dans ces quartiers, par unité urbaine

Note : *voir définitions.
Champ : unités urbaines (définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville en France métropolitaine.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012.
quartiers de la politique de la ville rassemblent
ainsi 34% des personnes pauvres des
unités urbaines « englobantes » (définitions)
mais seulement 13% de l’ensemble de la
population de ces unités.
L’écart de taux de pauvreté entre ces quartiers
et les autres quartiers des unités urbaines qui
les englobent est plus élevé dans les régions
Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon-
Midi-Pyrénées, et Provence-Alpes-Côte d’Azur
(34 points d’écart). Il est plus faible en
Île-de-France (25 points). Le niveau de
vie médian (définitions) des quartiers
métropolitains est inférieur, lui, de 35 %
à celui des unités urbaines les englobant. Ce
différentiel est beaucoup moins marqué en
Nord-Pas-de-Calais-Picardie (– 28%), mais
l’est davantage en Île-de-France (– 38%). En
effet, cette région concentre simultanément des
populations pauvres et des populations aux
revenus élevés, voire très élevés.
Plus de jeunes et de familles
monoparentales que dans l’urbain proche
La population des quartiers de la politique de
la ville est jeune (bibliographie). La part des
habitants de moins de 15 ans y dépasse
de 6 points celle des unités urbaines « englobantes
». À l’inverse, les personnes âgées de
75 ans ou plus y habitent un peu moins
fréquemment (– 3 points).
La part des résidents de nationalité étrangère
dans la population y est plus élevée que dans
les unités urbaines « englobantes » (+ 11 points).
Dans les quartiers d’Île-de-France, cette part
atteint 25% (13% pour les unités urbaines
« englobantes »). En Normandie et en
Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en revanche,
cette part n’est respectivement que de
11 % et de 10%(4%pour les unités urbaines
« englobantes » de ces deux régions).
Toujours dans ces quartiers, les ménages sont
Insee Première n° 1593 – Mai 2016
Région
Part des ménages
percevant des allocations
chômage parmi
l’ensemble des ménages
(1)
Part de la population
en emploi précaire
(CDD, intérim, stages…)
parmi les actifs occupés
de 15 à 64 ans (2)
Part des femmes
n’ayant pas d’emploi
parmi les femmes
de 15 à 64 ans (2)
QPV
UU*
« englobantes »
QPV
UU*
« englobantes »
QPV
UU*
« englobantes »
Île-de-France 24 16 17 12 49 36
Centre-Val de Loire 29 17 26 15 60 41
Bourgogne-Franche-Comté 27 17 27 16 63 43
Normandie 27 18 26 16 61 44
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 27 19 24 15 64 49
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 26 18 24 15 63 44
Pays de la Loire 27 18 26 16 55 41
Bretagne 25 17 25 17 58 42
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 24 17 26 15 58 41
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 24 18 23 15 63 45
Auvergne-Rhône-Alpes 26 17 23 14 59 41
Provence-Alpes-Côte d’Azur 24 17 22 13 63 44
Corse 15 13 16 11 57 45
France métropolitaine 25 17 21 14 58 41
3
La précarité de l’emploi se concentre dans les quartiers de la politique de la ville (QPV) – en %
Champ : *unités urbaines (UU ; définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville (QPV) en France métropolitaine.
Sources : (1) : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012 – (2) : recensement de la population
2010 (pour les QPV : estimations démographiques version septembre 2015 ; pour les UU : bases de données infracommunales).
Région Part de la population des QPV
dans la population des unités
urbaines (UU*) « englobantes »
Niveau de vie médian** (en €) Taux de pauvreté** (en %)
dans les QPV
dans les UU*
englobant les QPV
dans les QPV
dans les zones « hors QPV »
des UU* « englobantes »
dans les UU*
englobant les QPV
Île-de-France 15 13 663 21 902 37 12 16
Centre-Val de Loire 13 12 408 19 422 45 11 15
Bourgogne-Franche-Comté 13 12 572 18 704 44 12 16
Normandie 14 12 570 18 672 44 12 17
Nord-Pas-de-Calais- Picardie 17 12 440 17 323 45 16 21
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 14 12 491 18 801 45 13 18
Pays de la Loire 10 12 839 20 092 42 9 13
Bretagne 8 12 816 20 157 42 10 12
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 8 12 914 19 990 41 11 13
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 12 12 119 18 939 48 14 18
Auvergne-Rhône-Alpes 9 13 017 20 261 41 11 14
Provence-Alpes-Côte d’Azur 13 12 227 19 313 47 13 18
Corse 10 13 439 18 563 37 17 19
France métropolitaine 13 12 871 19 786 42 12 16
2
La pauvreté est plus fréquente dans les quartiers de la politique de la ville (QPV)
Note : **voir définitions.
Champ : *unités urbaines (UU ; définitions) englobant les quartiers de la politique (QPV) de la ville en France métropolitaine.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012.
Encadré La réforme de la politique de la ville
La loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 a introduit une
nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville (figure 1). Celle-ci a pour objectif de
recentrer l’action publique sur les quartiers les plus en difficulté. Les quartiers de la politique de
la ville ont été définis au sein des unités urbaines de 10 000 habitants ou plus sur la base de
deux critères. Un quartier doit avoir un nombreminimal d’habitants, et un revenu médian très
inférieur à celui de son unité urbaine d’appartenance. Le revenu fiscal a été retenu comme critère
synthétique de fragilité suite à la concertation nationale « Quartiers, engageons le changement
» conduite en 2012. Les travaux de définition ont été menés par le Commissariat
général à l’égalité des territoires (CGET) à partir de données carroyées de l’Insee issues des
revenus fiscaux localisés de 2011 (sources).
Les quartiers de la politique de la ville remplacent les zonages formés par les zones urbaines
sensibles (ZUS) et les contrats urbains de cohésion sociale (CUCS). 1 296 quartiers sont
situés en France métropolitaine, 140 dans les départements d’outre-mer et environ 80 en
Polynésie française et à Saint-Martin. Cette étude se limite aux quartiers de France métropolitaine,
car certaines des données utilisées ne sont pas encore disponibles pour l’outre-mer et la
Polynésie française.
Le contrat de ville est l’outil de gouvernance et de stratégie territoriale. Il repose sur trois
piliers : le développement de l’activité économique et de l’emploi, la cohésion sociale, et l’amélioration
du cadre de vie des habitants des quartiers. Il coordonne au niveau de chaque ville les
orientations et les engagements des partenaires institutionnels, économiques et associatifs.
plus fréquemment constitués de cinq personnes
ou plus que dans les unités urbaines les
contenant (+ 6 points). Les ménages de
grande taille sont particulièrement présents
dans les quartiers d’Île-de-France. À l’inverse,
ils sont plus rares dans ceux des régions
Pays de la Loire,Aquitaine-Limousin-Poitou-
Charentes, Bretagne et Corse. Par ailleurs, les
familles sont plus souvent monoparentales
dans les quartiers de la politique de la ville que
dans l’ensemble des unités urbaines les
contenant (+ 7 points).
Des difficultés d’insertion sur le marché
du travail
Les quartiers de la politique de la ville
concentrent différentes formes de précarité
qui vont au-delà de la pauvreté monétaire.
Toutefois, ce ne sont pas nécessairement les
mêmes personnes qui sont précaires sur l’ensemble
des critères : des populations très
différentes peuvent coexister dans un même
quartier.
Globalement, les habitants de ces quartiers
s’insèrent plus difficilement sur lemarché du
travail que la population urbaine qui les
englobe (figure 3). Ainsi, un quart des ménages
y perçoit des allocations chômage, soit
8 points de plus que dans les unités urbaines
les contenant. Parmi les personnes ayant un
emploi, une sur cinq a signé un contrat
précaire (CDD, apprentissage, intérim,
stages), contre une sur sept dans les unités
urbaines les contenant. Les femmes
habitant dans ces quartiers sont moins
fréquemment en emploi : 58 % d’entre elles
n’ont pas d’emploi, contre 41 % dans les
unités urbaines les contenant. C’est dans les
régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Languedoc-
Roussillon-Midi-Pyrénées, Bourgogne-Franche-
Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur et
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine que ce
phénomène est le plus prononcé.
Les difficultés d’insertion sur le marché du
travail sont concomitantes avec un déficit de
formation et de qualification dans les quartiers
de la politique de la ville (figure 4). La réussite
scolaire y est plus faible qu’ailleurs. Le
retard scolaire à l’entrée en sixième pour les
élèves y est plus fréquent (22%) que pour
ceux des unités urbaines les contenant (12%).
Ainsi, 29% des élèves en retard scolaire des
unités urbaines « englobantes » vivent dans
un quartier de la politique de la ville. Au
niveau régional, l’écart entre les quartiers
concernés et les unités urbaines les « englobant »
est élevé en Pays de laLoire, Bretagne, et
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Dans les
quartiers de ces régions, les trois quarts des
habitants de 15 ans ou plus (non scolarisés)
sont sans diplôme ou bien ont un diplôme
inférieur au baccalauréat contre un peu plus de la
moitié de ceux des unités urbaines «englobantes».
Dans les quartiers de la Normandie, de la
Bourgogne-Franche-Comté et de l’Alsace-
Champagne-Ardenne-Lorraine, 80%des habitants
non scolarisés de 15 ans ou plus sont concernés.
Forte présence du logement social sauf
dans le Sud-Est
Dans les quartiers de la politique de la ville, le
nombre de logements du parc social par
ménage est bien plus élevé que dans les unités
urbaines les contenant (respectivement 0,76 et
0,24 ; figure 5).La densité de logements sociaux
est encore plus forte (au moins 0,9) dans les
quartiers des régions Centre-Val de Loire,
Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Pays
de la Loire et Alsace-Champagne-Ardenne-
Lorraine. À l’opposé, elle est bien plus
faible dans les régions Provence-Alpes-
Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon-Midi-
Pyrénées (respectivement 0,50 et 0,55). Dans
ces deux régions du Sud-Est, le manque de
logements sociaux est également une réalité
pour les unités urbaines englobant ces quartiers.
Globalement, en France métropolitaine, les
quartiers de la politique de la ville concentrent
37 % des logements sociaux de leurs
unités urbaines « englobantes ». Cette
concentration va de pair avec celle des différentes
formes de précarité dans ces quartiers.
Coeur de cible de la politique de la ville, ils ne
rassemblent toutefois pas la totalité des
populations précaires qui peuvent être
dispersées dans l’ensemble de l’espace
urbain, ou même plus largement au-delà des
frontières de la ville.n
Insee Première n° 1593 – Mois 2016
Région
Part de la population de 15 ans ou plus
sans dîplôme ou avec un diplôme
inférieur au bac parmi la population
non scolarisée de 15 ans et plus (1)
Part des élèves en retard
scolaire à l’entrée en 6ème
parmi les élèves entrant en 6ème
pour la première fois (2)
QPV UU*« englobantes » QPV UU* « englobantes »
Île-de-France 69 46 20 12
Centre-Val de Loire 78 61 24 12
Bourgogne-Franche-Comté 81 62 24 13
Normandie 82 63 20 12
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 78 64 23 15
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine 80 61 24 13
Pays de la Loire 77 55 24 11
Bretagne 76 53 22 10
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 75 56 21 11
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 73 54 25 12
Auvergne-Rhône-Alpes 76 55 23 12
Provence-Alpes-Côte d’Azur 77 57 22 12
Corse 70 55 26 13
France métropolitaine 75 55 22 12
4
La précarité de la formation se concentre dans les quartiers de la politique de la ville (QPV) – en %
Champ : *unités urbaines (UU ; définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville (QPV) en France métropolitaine.
Sources : (1) : recensement de la population 2010 (pour les QPV : estimations démographiques version septembre 2015 ; pour les
UU : bases de données infracommunales) – (2) MENESR-DEPP, système d’information Scolarité ; enquête n° 16 sur les établisse-
ments privés hors contrat ; champ : primo-entrants en 6ème à la rentrée scolaire 2011.
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
Provence-Alpes-Côte d’Azur
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrenées
Corse
Île-de-France
France métropolitaine
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Auvergne-Rhône-Alpes
Bretagne
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Pays de la Loire
Normandie
Bourgogne-Franche-Comté
Centre-Val de Loire
nombre de logements sociaux par ménage
Dans les quartiers de la politique de la ville Dans les unités urbaines « englobantes »
Nord-Pas-de-Calais-Picardie
5
Nombre moyen de logements sociaux par ménage en France métropolitaine
Champ : unités urbaines (définitions) englobant les quartiers de la politique de la ville.
Sources : SOES RPLS 2013 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2012.
Sources
Le fichier localisé social et fiscal (Filosofi)
de 2012 est issu du rapprochement des
données fiscales exhaustives (déclara-
tion de revenus des personnes physi-
ques, taxe d’habitation et fichier
d’imposition des personnes physiques) et
des données sur les prestations sociales.
Ces informations permettent de reconsti-
tuer un revenu déclaré (avant impôt) et un
revenu disponible (après impôt et y
compris prestations sociales) à des
niveaux locaux fins.
Les estimations démographiques pour
les quartiers de la politique de la ville s’appuient
sur le recensement de la population
de 2010. Elles fournissent des
indicateurs sur la répartition des habitants
par âge, situation socioprofessionnelle,
diplôme et nationalité ainsi que la répartition
des ménages et des logements selon
différents critères.
Les données sur le retard scolaire à
l’entrée en sixième sont issues du fichier
des élèves du secondaire de la Direction
de l’évaluation, de la prospective et
de la performance du ministère de l’Éducation
nationale, de l’enseignement supérieur
et de la recherche (Depp). La Depp
et l’Insee produisent ensemble, tous les
deux ans, une géolocalisation des élèves
inscrits dans les établissements du
secondaire. L’année scolaire utilisée
dans l’étude est celle de 2011-2012, par
cohérence avec les autres sources de
données.
Les données sur le logement social
proviennent du répertoire des logements
locatifs des bailleurs sociaux
(RPLS) du Service de l’observation et des
statistiques (SOeS) du ministère de
l’Environnement, de l’énergie et de la
mer. Les données utilisées sont datées
du 1er janvier 2013. Les logements du
secteur social sont les logements appartenant
à des organismes d’habitations à
loyer modéré (HLM) ou à d’autres bailleurs
de logements sociaux qui sont
soumis à la législation HLMpour la fixation
de leur loyer, ainsi que les logements en
dehors du champ des organismes de HLM
mais pratiquant un loyer HLM.
Définitions
Une unité urbaine est une commune ou
un ensemble de communes présentant
une zone de bâti continu (pas de coupure
de plus de 200 mètres entre deux constructions)
qui compte au moins
2 000 habitants.
Dans cette étude, pour un quartier de la
politique de la ville donné, on appelle
unité urbaine « englobante » l’unité
urbaine à laquelle il appartient.
Le revenu disponible d’un ménage est le
revenu dont il dispose pour consommer et
épargner. Il comprend les revenus d’activité
(salaires, revenus d’activités non
salariées), les revenus de remplacement
(retraites et pensions, indemnités de
chômage, indemnités de maladie), les
revenus du patrimoine (dont en particulier
les revenus financiers, qui sont imputés
pour ceux qui ne sont pas soumis à déclaration,
les revenus fonciers, les revenus
accessoires, etc.) et les prestations
sociales reçues (prestations familiales,
minima sociaux et prestations logements).
Au total de ces ressources,
quatre impôts directs sont déduits : l’impôt
sur le revenu, la taxe d’habitation, la
contribution sociale généralisée (CSG) et
la contribution au remboursement de la
dette sociale (CRDS).
Le niveau de vie d’une personne (ou d’un
ménage) est égal au revenu disponible du
ménage auquel il appartient divisé par le
nombre d’unités de consommation (UC)
dans ce ménage. Le niveau de vie est
donc le même pour toutes les personnes
d’un même ménage. On attribue 1 UC au
premier adulte du ménage, 0,5 UC aux
autres personnes de 14 ans ou plus et
0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.
Le niveau de vie médian, qui partage la
population en deux, est tel que la moitié
des personnes disposent d’un niveau de
vie inférieur et l’autre moitié d’un niveau
de vie supérieur.
Pauvreté monétaire : une personne (ou
un ménage) est considérée comme
pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur
au seuil de pauvreté. Selon des
conventions européennes, ce seuil est
fixé à 60 % du niveau de vie médian. En
France métropolitaine, il est estimé à
partir de Filosofi à 11 871 euros annuels
en 2012.
Le taux de pauvreté correspond à la
proportion de personnes (ou de ménages)
dont le niveau de vie est inférieur au
seuil de pauvreté.
Bibliographie
• Baccaïni B., de Lapasse B., Lebeaupin F.,
Monso O., « Le retard scolaire à
l’entrée en 6ème : plus fréquent dans les
territoires les plus défavorisés », Insee
Première n°1512, septembre 2014.
• Aerts A.-T., Chirazi S., Cros L., « Une
pauvreté très présente dans les
villes-centres des grands pôles
urbains », Insee Première n°1552, juin
2015.
• Darriau V., HenryM.,Oswalt N., « Politique
de la ville en France métropolitaine : une
nouvelle géographie recentrée sur 1 300
quartiers prioritaires », in France,
portrait social, édition 2014, collection
Insee Références, novembre 2014.
• Floch J-M., Dabet G., « La ségrégation
spatiale dans les grandes unités urbaines
de France métropolitaine : une approche
par les revenus », Document de travail
n°H2014-01, Insee, mars 2014.
• Un tableau complémentaire présentant
des singularités territoriales de la population
des quartiers de la politique de la
ville (part des jeunes, des ménages de
grande taille, des étrangers, des familles
monoparentales) est disponible dans
les données complémentaires. Celles-ci
sont en ligne sur le site de l’Insee et téléchargeables
à partir de la page dédiée à
cette étude.

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